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Articles de la catégorie ‘Créations’

29
Mar

Trois Sœurs – création 2021 du Théâtre des Ateliers

Tchekhov et les Trois Sœurs  au Théâtre des Ateliers d’Aix en Provence

Article paru dans l’édition web de Zibeline, par Maryvonne Colombani : Un nouveau petit bijou au Théâtre des Ateliers  : Trois Sœurs d’après Tchekhov   – https://www.journalzibeline.fr/critique/un-jeu-de-paleontologue/


 

 

 


Vu par Michel Morin

Olga, Macha et Irina

En ces temps de confinement sans confinement le théâtre devient un recours lointain inaccessible. Il émet heureusement encore quelques signaux sur les écrans du Zoom. Il s’adapte aux temps nouveaux en ouvrant partout où il le peut, quand il le peut, un espace de vie et de création. A Aix il y a quelques jours le Théâtre des Ateliers s’est ainsi ouvert sur une étonnante preuve de vitalité. Dans le respect strict des règles de protection  des santés on a pu retrouver  pendant une heure l’expérience du partage des présences et des émotions dans un contact charnel avec la magie d’un texte.  Pas de flatteries ni de caresses pour le spectateur. Pas de décor ni d’accessoires. Les murs noirs du théâtre des ateliers, un tableau portrait sur un mur, une fenêtre, trois chaises et seulement la subtilité des lumières de Syméon Fieulaine. Trois jeunes comédiennes vêtues de manière sobre et simple, la plus jeune se distinguant par sa robe blanche.  On se dit que le théâtre pauvre est bien là et bien à l’ordre du jour.

Le spectacle commence. Il suit le découpage initial de la pièce et de ses quatre actes  marqués par la voix d‘une comédienne  criant « Noir !» ou «Lumière ! ».

De quoi s’agit-il ? De l’histoire de trois sœurs . D’une pièce monument de Tchekhov. Un petit texte à l’entrée  du spectacle avertit tranquillement le spectateur qu’il ne verra pas la pièce qu’il a déjà vue ou revue ou, pour les érudits, étudiée voire mémorisée dans sa totalité. Dans la lecture qu’il a faite de la pièce Alain Simon a pris au mot le titre. On  n’entendra, on ne verra que les trois sœurs. Tous les autres personnages peuvent être évoqués, parfois interpellés par les comédiennes Ils ne sont pas en présentiel. On ne saura pas ce qu’ils disent. On entendra seulement les réponses ou réactions à leur parole.

Ce parti prix insolite et austère est  totalement assumé par la mise en scène et le jeu des comédiennes. Noëlie Giraud devient Olga, Elyssa Leydet Brunel est Irina, Bénédicte Menissier est Macha.  Leur travail est une performance étonnante. On voit et on entend ces trois jeunes femmes se différencier, s’éloigner, se rapprocher, s’éloigner. Malgré leur énergie et leurs éclairs de lucidité elles ne peuvent que vivre les soubresauts d’une vie enfermée. Après la mort du père et avec l’impuissance vaniteuse de leur frère couvert de dettes, elles sont piégées dans un espace clos. Tous les espoirs d’évasions ou de retour à l‘heureux temps du grand Moscou de leur enfance s’effondrent les uns après les autres. Leurs élans amoureux se liquéfient ou se glacent dans la médiocrité ou l’insuffisance de leur prétendants  ou bien se terminent dans la mort en duel de l’amoureux de la plus jeune des trois sœurs.  Autour d’elles un incendie ravage la ville la plus proche et par leur fenêtre elles ne voient que les lueurs rouges d’un feu catastrophique. Elles entendent la musique  militaire de la garnison qui quitte la ville sans retour annonçant pour la ville une chute définitive dans la morosité et le vide. Elles ne peuvent que  saluer joyeusement les officiers qui les quittent sans un regard après avoir été les hôtes parasites du grand domaine laissé par leur père et voué à la ruine. Le travail  que l’ainée devra assurer pour la survie collective sera  celui qu’elle voulait éviter : Directrice d’école. Quand s’achève leur dialogue mélancolique les trois sœurs se resserrent et se tiennent proches les unes des autres en regardant avec espoir et incertitude l’avenir du monde malade où partent les militaires. Ce n’est pas seulement l’avenir de Tchekhov qu’elles viennent de défendre avec vaillance en assumant les audaces d’Alain Simon. Leur avenir est aussi dans le regard des autres que nous sommes, nous les spectateurs  qui venons de retrouver après une heure notre chagrin et notre besoin de théâtre.

Michel Morin , Puyricard , 22 mars 2021,

François Chostakoff a vu la pièce transmise par zoom :

Bravo pour cette adaptation des 3 sœurs de Tchekhov , c’était une très bonne idée de ne garder que les rôles féminins, les 3 actrices étaient merveilleuses , j’ai tout simplement hâte de voir la pièce en vrai ! 

Merci beaucoup pour ce grand moment 

François Chostakoff  – 11 mars 2021
25
Fév

L’homme assis dans le couloir

L’Homme assis dans le couloir

de Marguerite Duras.

Mise en scène Alain Simon – Assistante Bénédicte Menissier -Lumière Syméon Fieulaine

avec Noëlie Giraud

Création 2020  du Théâtre des Ateliers

Avec L’homme assis dans le couloir de Marguerite Duras, le Théâtre des Ateliers poursuit son travail sur la parole limite en proposant la création avec Noëlie Giraud de ce texte radical et poétique dans une mise en scène d’Alain Simon.

dossier Duras L’Homme assis dans le couloir

Noëlie Giraud, répétition 20 février 2020

Les textes de certains auteurs sont comme des pays à découvrir. Il faut y aller équipé des moyens du théâtre. Car le théâtre, nous le pensons, est un bathyscaphe qui permet d’explorer les profondeurs d’une œuvre. Ce n’est pas facile, ces pays ont une langue qui, même si elle ressemble à la nôtre, détient une singularité qui mérite un apprentissage. C’est le cas pour L’homme assis dans le couloir de Marguerite Duras, texte peu connu, sans doute en raison de sa complexité. Cette langue poétique avec une dimension érotique  et violente étonne. L’équipe de création est partie à l’aventure en expérimentant ce texte et les spectateurs sont conviés à voir les résultats de ses investigations. Nous aimons ce texte, c’est notre point de départ et notre parti pris est de tenter de savoir pourquoi, en partageant avec le public nos notes de voyage sous la forme de ce spectacle. Alain Simon

Du jeudi 5 au mercredi 11 mars à 20h30, dimanche 8 à 18h

 

 

 

Anne Randon a publié ce texte le lundi 9 mars :

L’HOMME ASSIS DANS LE COULOIR, de Marguerite Duras.
Mise en scène d’Alain Simon

Étrangeté d’une parole qui s’élève sur la scène du théâtre des Ateliers, entre ombre et lumière. “L’écrit vient d’ailleurs, d’une autre région que celle de la parole orale. C’est une parole d’une autre personne qui, elle, ne parle pas.” disait Marguerite Duras. Les mots qui surgissent ont cette musique singulière qui n’appartient ni l’oralité ni à l’écriture. Parole incarnée puisque portée par la comédienne Noëlie Giraud, qui lui donne le grain profond de sa voix, la présence aussi forte que sobre de son corps – mais aussi désincarnée, par la distance presque clinique et cependant habitée avec laquelle elle raconte. Plateau nu, vivant pourtant, au gré des flux de conscience, du kaléidoscope des perceptions que déploie le texte, des déplacements de cette femme dont le corps, la voix, se modifient au gré de ses points de vue, dans une indétermination qui ouvre les portes de l’imaginaire : le paysage décrit relève-t-il du réel ou de l’univers mental ? La scène narrée appartient-elle au présent, au passé, au fantasme ? Et ce regard qui fait exister le couple, n’est-ce pas à la fois celui d’une narratrice-voyeuse, celui de l’amoureuse engagée dans l’étreinte sexuelle, celui de l’écrivain qui, au nom de toutes les femmes, fait entendre la voix du désir ? Récit de irreprésentable, ces fragments d’une narration éclatée, à l’image du morcellement des corps en jeu, sont autant de variantes autour d’une même scène, comme autant de vagues successives qui tentent d’approcher le mystère de la jouissance. À travers la parole d’une femme, ils osent dire, telle une brûlure glacée, le rapport intime entre le sexe et la violence, le plaisir et la douleur, dire la perte de soi dans l’expérience spirituelle de l’union avec le monde. Dans cette exploration des zones obscures de l’humain, Noëlie Giraud apporte sa générosité et sa rigueur, se tenant fermement sur une ligne d’équilibre entre l’engagement et la retenue, la seule qui puisse concilier la crudité du langage et sa qualité poétique, la seule qui puisse donner à une expérience personnelle une portée universelle.

 

Pierre Le Borgne a assisté à la séance du 10 mars :

L’Homme assis dans le couloir – Marguerite Duras

« Parole limite » dit la note de présentation du Théâtre des Ateliers en parlant de ce texte,  mis en scène par Alain Simon et magistralement interprété par Noëlle Giraud. 

Il est vrai que cette œuvre nous bouscule et nous entraîne, dans le labyrinthe de la création littéraire, au bord de l’indicible. Elle nous fait éprouver, dans ce récit d’une scène imaginaire, les hésitations de l’auteure, ses fulgurances poétiques et ses phantasmes érotiques. A l’usage du conditionnel, qui nous montre à la fois ses hésitations et sa volonté de garder une distance par rapport au réel (comme le font les enfants qui jouent : « on dirait que tu serais le loup »…), s’oppose l’usage affirmé du présent, qui nous signifie que l’auteure a alors bien en main son récit et qu’elle peut nous emmener avec elle,  et avec les mots les plus précis, au cœur de cette scène d’amour qu’elle construit en direct pour nous. On est alors emporté par la voix de l’actrice qui nous décrit sans concession, en voix off, cette histoire d’amour physique, et qui nous fait partager, magnifiquement, par la voix et par des gestes à minima, les sentiments, les émotions et les jouissances des protagonistes de cette histoire.

Quant à la mise en scène d’Alain Simon, elle illustre parfaitement et simplement le processus de création. Derrière un paravent, ou se déroule la scène imaginaire (que nous ne verrons évidemment  pas), une lumière puissante aveugle la comédienne. Elle scrute  cette lumière, qui symbolise l’acte créateur, et elle y puise des images qu’elle nous donne à entendre. Lorsqu’elle s’est suffisamment nourrie de ce feu créateur, elle peut alors se tourner vers le public pour nous inviter à vivre avec elle cette histoire qu’elle est en train d’inventer. Elle retourne parfois vers la lumière pour nourrir son récit, mais, hélas, le feu finira peu à peu  par s’éteindre. Alors elle disparaitra derrière le paravent pour recueillir les dernières braises mais la lumière finira par s’éteindre et le rideau sera alors tiré.
Merci à toute l’équipe pour ce beau moment de théâtre ! Pierre Le Borgne mardi 10 mars 2020

8
Jan

Pour un oui ou pour un non de Nathalie Saraute

La société du Dé

Texte et mise en scène Avicen Riahi avec Boris Bayard

Genèse et note de l’auteur

La société du dé est une création originale qui trace un parallèle avec le livre de Georges Cockroft(alias Luke Rhinehart), L’homme dé.

Voilà mon propos : drapés en scénettes tragiques, comiques, cyniques, allégoriques et de mauvaise foi (comme si elle était une croyance !).

Au milieu de la scène Boris gît sous un drap. Il s’apprête à naître devant nous. Face à lui, les spectateurs se sont amassés, « une histoire! » « Une histoire ! » les gens sont bien élevés, ce ne sont pas les bouches qui hurlent, mais les cœurs. C’est très voyou un cœur… Un bras se redresse! Voilà notre comédien debout, et qui distingue mal les gens autour. Le temps de comprendre son corps, il voit dans les gradins un visage qui l’interpelle. C’est en voyant ce visage qu’il appréhende le sien. Boris s’approche, il n’a plus peur maintenant, c’est un autre sentiment qui l’étrangle, les larmes viennent… c’est une sorte de communion, comme si c’était encore possible. Et puis le comédien remonte sur scène et nous propose son dos, un temps, et lorsqu’il se retourne enfin, ce n’est plus lui. Il s’apprête à tirer le Dé, qu’il présente comme son glaive. Boris désire se surprendre, il a six options en tête.

Si je fais 1 j’arrête tout et je reprends mes études ;

si je fais 2 je deviens musulman, pourquoi pas ?

si je fais 3 je picole et je me couche ;

si je fais 4 j’appelle mon père et je pleure au téléphone.

Si je fais 5 je mate youporn et je pleure dans mon lit.

Si je fais 6…Si je fais 6 je viole ma colocataire.


Administrateurs créateurs

textes et jeu : Nicolas Bole, Camille Nauffray et Laetitia Sadak

“Un an après avoir essuyé les plâtres de la première édition de Parcours, Laetitia Sadak et Camille Nauffray, anciennes élèves de “La compagnie d’entraînement” promotion 2016-2017 reviennent accompagnées de Nicolas Bole pour 3  représentations de leur création Administrateurs-créateurs.
Résumé : 

Laetitia anime des réunions comme personne. Camille a fait du tableau croisé dynamique un art. Nicolas est le roi de la coordination, des reporting et des débriefing. La vie les a préparés à devenir des supers administrateurs. On les attend là alors qu’eux, ils voudraient aussi être ailleurs. Ils sont créateurs chez les administrateurs, administrateurs chez les créateurs. Le cul entre deux chaises, la question de la légitimité au-dessus et le vide en dessous. Entre candidatures restées lettres mortes, CV à rallonge, maitrise de la novlangue et tentatives artistiques en tout genre, ils se bricolent un monde sur des sables mouvants.

 

Teaser :https://vimeo.com/373925100    mot de passe : bolnaudak

 Revue de presse (imaginaire) :
 
Avec cette pièce, les trois auteurs-metteurs en scène-comédiens décortiquent avec gourmandise les ressorts du mal-être au travail contemporain pour en extirper un exutoire jubilatoire. Une première à ne pas manquer.
Le Masque et la Plume, France Inter
 Vous ne verrez plus jamais les post-its de la même manière.”
Les Échos
 
“Un véritable antidote au burn-out. Un spectacle remboursé par la sécurité sociale !”
Kaizen Magazine
 
Un bonbon qu’on a envie de laisser fondre dans la bouche, encore et en cœur.
Regards de Provence Magazine
 
Un manifeste en forme de brûlot qui résonne comme le creuset des luttes sociales contemporaines. Marx n’aurait pas dit mieux.
Alternative Économiques
 
Qui sont-ils ? Avec leur “Je suis” vibrant d’émotion sans jamais verser dans l’emphase, ces trois jeunes metteurs en scène aux faux airs de sociologues sont les porte-paroles d’une génération sacrifiée. Un spectacle coup de poing.
Pychologies Magazine”.
Nicolas Bole, Camille Nauffray et Laetitia Sadak
 
Extraits :
« Début mars, j’appelle Camille, je vois Camille, je ne dors pas, j’appelle Camille, je vois Camille, Je ne dors pas, j’appelle Camille, je ne dors pas, je vois Camille, je dors chez Camille, je ne dors pas, je quitte la maison de Camille.
 
Je demande un rdv avec ma N+1 et ma N+2. Je rencontre ma N+1 et ma N+2. J’expose la situation à ma N+1 et ma N+2. Je ne dors pas, Je demande à ma N+1 et à ma N+2 de cesser le renouvellement de mon contrat, parce que je ne dors pas. Je ne dors pas mais je suis compétente alors je ne pars pas. Je suis compétente, je mérite un contrat, alors je ne pars pas. Je ne dors pas.
 
Je veux disposer ! Je demande une disposition, un congé sabbatique. Je n’ai pas le droit. Je pose un congés maladie. Je ne dors toujours pas. Je demande un congés formation. __
« Je suis une feuille de route
Je suis une note d’intention
Je suis un bilan d’activités
Je suis un rapport moral
Je suis un budget prévisionnel à 1, 2, 3 ans
Alors que ….
moi-même
pour moi-même
 
Je ne sais pas où je vais
Je ne sais pas ce que je veux
Je ne sais pas ce que je fais
Je ne sais pas ce que je vaux
Je ne sais pas ce que je gagne »
___
 “C’est usant, d’aller d’un boulot à l’autre. D’un rêve à l’autre. C’est comme changer de maison tous les 6 mois. Toujours ranger, classer, déterminer ce qu’on jette, ce qu’on garde. Faire l’inventaire du passé. Les sacs sur le dos, qui scient les épaules tant ils sont remplis. Les valises dont les roulettes ne roulent plus. Le dernier carton, où on met tous les trucs qu’on n’a pas réussi à classer dans les autres cartons.
 J’ai tout simplement l’impression de pas avoir le temps d’être artiste. Je me dis qu’il faut juste faire mais je n’arrive pas à savoir où s’arrêter dans le processus créatif. Peut-être qu’être artiste, c’est arriver à fixer le flux créatif dans un rendez-vous ?”

Places à 15 €, Adhérents, étudiants 13 €, scolaires 7,50 €, à régler seulement par chèque ou en espèces


Pour un oui ou pour un non  de Nathalie Sarraute

création invitée en partenariat avec Salon Milord Cie

Mise en scène et interprétation Mickaël Zemmit

“J’avais 19 ans quand j’ai vu la pièce. C’était à Avignon. Je me souviens du théâtre, je me souviens des costumes, je me souviens du carré de lumière au centre. Il y avait eu deux pauses avec de la contrebasse. Le texte a résonné souvent en moi depuis ce temps là, comme une silhouette familière aux lignes simples.                                                 

                                                   Pour un oui ou pour un non était destinée à la radio, chaque mot choisi par les personnages constitue marqueur d’identité. L’auteur disait elle même que Pour un oui ou pour un non pouvait être un monologue intérieur, une seule conscience qui suit des mouvements différents, l’un chassant l’autre alternativement. “

Guitariste, auteur-, Mickaël Zemmit se forme au théâtre en entrant dans « La compagnie d’entraînement » du Théâtre des Ateliers, promotion 2011-2012. Il travaille depuis sur des projets alliant musique et textes, et accompagne Alain Simon dans les séances consacrées à la lecture à haute voix dans les lycées. Musicien-comédien il participe avec Alain Simon aux créations des trois Monologues, Sous le signe du chien création 2015-2016 , Jaloux de Dieu création 201 7 et Aimer aimer création 2018.  En décembre 2018, il propose dans Parcours Opéra Salon Milord. En mai 2019, il participe avec sa compagnie  au festival Les sons du Lub’ à Beaumont de Pertuis.


 

6
Fév

Dialogue

Création 2019 : Dialogue

texte et interprétation Noëlie Giraud et Elyssa Leydet Brunel

Mise en scène Alain Simon- assistant à la m.-en-scène Gilles Jolly – lumière Syméon Fieulaine

Après une lecture de Savannah Bay de Marguerite Duras par les deux comédiennes, Alain Simon leur  a demandé d’écrire par échange de mails un texte à deux voix sur le même thème de la mémoire, Noëlie Giraud, formée chez Jacques Lecoq,  étant par ailleurs scénariste de longs métrages et Elyssa Leydet Brunel élève de la section Écrivain dramaturge de l’ENSATT. Dialogue est le fruit de ce travail d’écriture qui semble contenir des traces, des pensées, des mots, que le metteur en scène se propose de faire remonter à la surface de l’eau, de la conscience, sans percevoir de quelle profondeur ils sont sortis. 

Une jeune femme vient visiter une personne plus âgée qui a été, peut-être, une grande comédienne et qui n’est visible-ment plus en activité. On ne sait pas si la jeune femme vient pour lui faire travailler la mémoire, on a l’impression qu’elle a aussi des enjeux personnels. Elle est peut-être sa fille, perturbée de voir sa mère perdre la mémoire, angoissée de ne pas savoir certaines choses qu’elle aimerait connaître. Pourquoi particulièrement ce jour-là ?

Places à 15€, adhérents, étudiants 11€, scolaires 7,50€

Article paru dans La Provence du 28 février

 

 

Anne Randon a posté ces ligne sur son compte Facebook le 4 mars

Un dialogue en huis clos, pour exhumer le passé, lui redonner vie en l’enfermant, paradoxalement, dans des mots. Mais quel passé ? Celui de l’imaginaire collectif des contes et comptines, qui revient comme un leitmotiv, ou celui de deux femmes, apparemment dissemblables, unies par un lien mystérieux? Qui est-elle cette longue dame blanche comme une mariée, comme un cadavre, comme un fantôme? Qui est-elle cette Agathe à la voix enfantine, sa domestique, sa demoiselle de compagnie, sa sœur, sa fille ? Ou tout simplement sa partenaire sur le plateau…. Un dialogue comme autant de scènes de théâtre maintes fois répétées, de variations sur la recherche de soi-même, de tentatives pour épuiser sa vérité. Le langage pour échapper au chaos, pour mettre de l’ordre dans le monde. Mais ne peut-on pas lui préférer le désordre, la vie ? Un dialogue comme un monologue, une confrontation à un autre soi-même, à ce que l’on fut, à ses propres ambiguïtés, comme un cheminement à travers les méandres d’une vie. 
“Dialogue”, un beau texte tout en mystères et en détours, riche du rapport intime qu’entretiennent avec lui les deux comédiennes. Une parole pour lutter contre la suffocation, l’oubli, la cendre, mais pour rendre sensible, aussi, l’importance de ce qui est tu.

Article paru dans La Provence le 7 mars

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18
Nov

L’Envol d’après les Oiseaux de Tarjei Vesaas création de la cie Le Pays Lointain

Jeudi 15, vendredi 16 à 20h30 et dimanche 18 novembre à 18h

 Accueil de la compagnie Le Pays Lointain : L’Envol

d’après le roman Les oiseaux de Tarjei Vesaas adapté par Jean-Marie Broucaret et Gilles Jolly

Mise en scène Jean-Marie Broucaret – Lumières Syméon Fieulaine

avec Gilles Jolly

L’Envol, première création de la compagnie Le Pays Lointain, dont Gilles Jolly est le directeur artistique, a été créée en octobre dernier au Théâtre des Chimères de Biarritz à la suite de résidences  au Théâtre des Ateliers et à Biarritz.

À l’origine de ce projet, un laboratoire sur la figure du simple d’esprit mené par le metteur en scène Jean-Marie Broucaret, qui questionnait déjà la présence, l’humanité et les comportements frontières d’humains décalés. Puis marqués tous les deux par la lecture du roman Les Oiseaux de l’auteur norvégien Tarjei Vesaas, Jean-Marie Broucaret et Gilles Jolly décidaient d’en faire une adaptation théâtrale.

Tout intéresse et tout questionne Mattis, le héros de L’Envol : il est celui qui ne sait pas, mais qui tente de savoir en observant un pas grand chose. C’est une parole immédiate, trébuchante, libre et poétique qui parle de l’invisible dans un monde fait de signes et d’apparitions. Comme dans le livre, le narrateur est comme un frère de Mattis, dans une juste distance pour raconter cette histoire qui n’est à priori pas la sienne. C’est une expérience de vie à vivre, ici et maintenant, avec le public.

Seul au plateau et mis en scène par Jean-Marie Broucaret, Gilles Jolly est ce personnage d’idiot céleste décalé et drôle, d’une candeur proche de l’enfance et du clown. La création lumière qui tient lieu d’installation et de scénographie est assurée par Syméon Fieulaine.

Places à 15 €, adhérents, étudiants 11 €, scolaires 7,50 €

 

Anne Randon a posté ce texte sur son compte Facebook :

Au Théâtre des Ateliers, “L’Envol”, une adaptation du roman de Tarjei Vesaas, “Les oiseaux”, mis en scène par Jean-Marie Broucaret.
Mattis, surnommé “La houpette”, moqué et rejeté par un monde dont il ne possède pas les clés, vit un huis clos avec sa sœur Hege, jusqu’à ce qu’une passée de bécasses lui ouvre les portes d’un autre univers. Sa simplicité, qui le sépare des autres, se traduit en effet par une relation privilégiée avec la nature, à laquelle il s’identifie, et permet au spectateur d’être confronté à une autre forme d’humanité. Seul en scène, Gilles Jolly parvient par la sobriété et la subtilité de son jeu, l’intensité fragile de son regard et de sa voix, à rendre Mattis infiniment touchant dans sa différence, nous incitant ainsi à interroger notre rapport au monde et aux autres.

La Provence  – 30 novembre 2018

 

20
Jan

Performance 2018 : Le Dieu des Petits Riens

A l’occasion de la parution du Ministère du bonheur suprême, deuxième roman d’Arundhati Roy, le Théâtre des Ateliers reprend la performance donnée l’an dernier par Élyssa Leydet-Brunel dans le cadre de la Fête du Livre 2016. “Les adaptations théâtrales de romans font souvent la part belle aux dialogues, laissant le plateau et les décors se substituer aux descriptions, oubliant que les mots sont souvent les passeurs irremplaçables de leur dimension poétique et épique. Nous avons choisi de dire ces textes descriptifs en les considérant comme les matériaux d’une performance sur la parole. J’ai confié à la comédienne Elyssa Leydet-Brunel le soin de rendre compte de leur intensité. Elle a appris ces textes  et les dit pendant près d’une heure comme on descend les rapides d’un fleuve ». Alain Simon

…… Sur le plateau nu, une jeune femme seule, sans accessoires aucun,  sans costume exotique ni livre à lire, a regardé sans sourciller le public.  La lumière s’est éteinte sur les spectateurs  et Élyssa a fait apparaître le monde des Petits Riens. La voix changeante, les gestes sobres et les déplacements de la comédienne, un éclairage discret harmonisé à des  situations toujours décrites  avec précision par Arundhati Roy ont transporté magiquement les auditeurs spectateurs que nous étions dans l’univers étrange de Rahel, d’Estha et de leur famille. Quand les 55 minutes se sont terminées dans le noir d’un drame inattendu nous sommes restés immobiles et fascinés. Les applaudissements se sont prolongés longtemps. Je redécouvrais que le temps pour moi devenu ennuyeux dans un roman des descriptions et des décors était aussi et encore un plaisir à vivre. Michel Morin (16 octobre 2016)

Après un diplôme du Conservatoire d’Art dramatique d’Avignon et une licence de Lettres modernes, Élyssa Leydet-Brunel a fait partie de la promotion 2015-2016 de la Compagnie d’entraînement”. En 2016-2017  elle est lectrice de textes d’Arundhati Roy et d’auteurs coréens pour Les Écritures Croisées à la Méjanes et de Bruno Leydet au Théâtre du Hang’Art à Marseille, elle est comédienne dans Les fils barbelés avec la Cie Corps Itinérants, et dans Grand Cœur avec la Cie Intérieur. En mars 2018, elle fait partie de l’équipe artistique d’Aimer aimer, création 2018 du Théâtre des Ateliers.

Anne Randon, professeur de l’Option théâtre au lycée Cézanne, nous a envoyé ce texte :

Il y a maintenant 20 ans paraissait  Le Dieu des petits Riens , ce roman d’Arundhati Roy, qui faisait vivre son Inde

Élyssa Leydet-Brunel, 26 janvier 2018

natale, à travers Rahel, une jeune femme que son retour sur les lieux de son enfance confronte au passé. A l’occasion de la venue d’Arundhati Roy à Aix, lors de la fête du livre 2016, Alain Simon avait imaginé une performance autour de ce texte, qu’il avait confiée à Elyssa Leydet-Brunet. Son parti-pris allait à contre-courant des adaptations traditionnelles : donner à entendre non pas des dialogues, mais le souffle de l’épopée, la densité et la poésie des descriptions. C’est cette performance qui a été reprise, le vendredi 26 janvier, au Théâtre des Ateliers.

Plateau nu, espace ouvert à l’imaginaire, prêt à être peuplé de mots. Elyssa nous offre l’étonnement émerveillé d’une découverte qui semble être la sienne et la nôtre à la fois : découverte des lieux, tous sens en éveil, et parallèlement découverte de cette écriture luxuriante de l’auteur, si propre à rendre compte de la réalité exubérante de l’Inde. Réalité à laquelle elle donne chair par sa façon de faire vivre cet univers exotique et proche à la fois, réalité avec laquelle elle fait littéralement corps, tout en la mettant subtilement à distance.

Le Dieu des Petits Riens 26 janvier 2018

Et puis, en même temps que monte, à la fois brutale et attendue, mais inexorable, la tragédie, elle s’avance vers nous, lentement, comme le souvenir vers lequel tout convergeait, enfoui au fond du silence buté d’Estha. Le passé refait alors surface jusqu’à pouvoir se faire parole, et on comprend mieux cette impression de temps suspendu. Oui, tout s’est arrêté il y a 23 ans à Ayemenem. Après tant de mots, le silence. L’étonnement émerveillé du début laisse place à une incrédulité pétrifiée. Noyée Sophie, noyé le spectateur, qui comprend que ce flot de langage, semblable précisément, comme le dit Alain Simon, « aux rapides d’un fleuve », était celui de ces petits riens qui nous mènent sûrement au grand rien de la mort.
12
Oct

Aimer aimer – Monologue 3

Aimer aimer – Monologue 3

Texte et mise en scène Alain Simon

Assistant à la mise en scène Gilles Jolly – Lumière Syméon Fieulaine

Collaboration artistique Emmanuelle Simon

avec Jeanne Alcaraz, Elyssa Leydet-Brunel, Alain Simon et Mickaël Zemmit

 « Avec le triptyque Sous le signe du chien en 2016 ,  Jaloux de Dieu en 2017, repris en novembre au Bois de l’Aune, et Aimer aimer en 2018, Alain Simon explore un méthode d’écriture qui s’appuie sur l’improvisation, possibilité de juxtaposer différents niveaux de langage, des événements sans liens rationnels les uns avec les autres mais en cohérence avec le parcours sensible de notre vie, reliés de façon souterraine comme ces îles qui se découvrent à marée basse complètement reliées entre elles, ne constituant qu’une seule identité. Aimer aimer est là encore la tentative d’appliquer à l’écrit les techniques d’improvisation où les ruptures dans le récit sont la règle, non pas pour changer de propos mais bien au contraire pour suivre le fil de la pensée ! Mais au contraire des deux autres, ce troisième monologue s’inscrit dans un enclos thématique, celui de l’amour, qui lui donne l’apparence d’une conférence étrange, car les quatre acteurs musiciens chanteurs tentent de comprendre les différence entre être amoureux et aimer, pourquoi on peut être seul à deux dans le couple, la fusion amoureuse dans la rencontre, la passion mais aussi les affres de la séparation, l’amour des grands parents, des enfants, l’amour des fleurs… Tout en développant le parler chanté et le récitatif, le traitement artistique fait une large place à la musique, au chant choral, à la chorégraphie qui s’ajoutent à la discontinuité du récit dans la quête d’une totalité de notre perception. » Alain Simon

du vendredi 23 au jeudi 29 mars à 20h30, dimanche 25 à 18h

places à 15 €, adhérents, étudiants, chômeurs 11 €, scolaires 7,50 €

11
Oct

reprise de Jaloux de Dieu

http://www.anonymal.tv/rubrique-culture/item/jaloux-de-dieu-monologue
10
Oct

Accueil du Théâtre du Maquis : BAGA, de Robert Pinget

Nous accueillons le Théâtre du Maquis pour 4 représentations de  BAGA du 20 au 23 octobre

    Pierre Béziers, mis en scène par sa fille Jeanne, interprète Baga, de Robert Pinget.
     Mémoires anachroniques d’un tyran fainéant qui s’en remet pour tout à son ministre Baga. Du lever du roi en pantoufles de cygne, à la guerre du Chanchèze (région fameuse pour ses rats), en passant par le souvenir flou de son couronnement pluvieux.
     Derrière la farce pointe la question existentielle : a-t-on un pouvoir sur les choses, sur les autres, sur soi-même?
     “Je suis roi, roi de moi, roi de ma crasse”. L’acteur, roi du théâtre pour une heure, défend cette cause essentielle en une performance exubérante et jubilatoire.
      Pinget, ami de Beckett est un des auteurs important du nouveau roman, qui dynamite joyeusement la conception traditionnelle du personnage, du récit et de l’auteur.
vendredi 20, samedi 21 et lundi 23 à 20h30, dimanche 22 octobre à 18h
Réservations: 04 42 38 10 45 Réservations professionnels : 04 42 38 94 38
 
22
Mar

Jaloux de Dieu – Monologue 2, Création 2017

Photographie © Cagliari Texte et mise en scène  Alain Simon

Assistant à la mise en scène Gilles Jolly – Lumière Syméon Fieulaine –

Avec Jeanne Alcaraz, Alain Simon et Mickaël Zemmit

Nous serons très heureux de vous accueillir au Théâtre des Ateliers à l’occasion d’une représentation de Jaloux de Dieu – Monologue 2, d’Alain Simon, création 2017 du Théâtre des Ateliers.
Pour cette création qui s’inscrit dans la suite de Sous le signe du chien,  l’équipe artistique de ce premier Monologue s’agrandit : Jeanne Alcaraz, chanteuse improvisatrice qui dirige depuis deux ans quatre ateliers vocaux dans le cadre d’Opéra On au Théâtre des Ateliers, rejoint sur le plateau Alain Simon et Mickaël Zemmit, comédien et musicien, pour un travail sur l’interprétation sonore du texte.

 Places à 15 €, adhérents, étudiants 11 €, Pass’arts 7 €  Dossier Jaloux de Dieu création 2017

Production du Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence
Journal Zibeline
Vu par Zibeline
 Monologue 2, Jaloux de Dieu, une nouvelle performance d’Alain Simon

Le monde vu des mots

Monologue 2, Jaloux de Dieu, une nouvelle performance d’Alain Simon - Zibeline

Si les textes sacrés parlent toujours d’un Dieu Jaloux, Alain Simon détourne l’épithète et reprenant sans grandiloquence le thème de l’artiste concurrent de Dieu (et par là maudit), intitule son nouveau spectacle Jaloux de Dieu. Reprenant la forme de Sous le signe du chien, , le comédien, auteur et interprète, joue des associations d’idées, des glissements de sens, des échos pour un Monologue 2 aussi brillant que le 1. En un cheminement à l’imparable logique, ce virtuose du langage nous conduit du thème de la « médiation et sécurisation » (premiers mots du Monologue) au portrait de la femme de Cézanne ! Entre temps, nous sommes passés par l’aéroport de Rome, les autoroutes d’Hitler, la garnison de Toul, avons croisé une foule de personnages, du coiffeur à Van Gogh, évoqué situations et souvenirs, micros évènements qui constituent l’existence, deuils, joies, par le biais d’anecdotes, de récits, mélange du sublime et du futile… goût pour les paradoxes, depuis celui d’un titre glané, Paroles sur le mime d’Etienne Decroux, aux remarques qui allient poésie et dérision, « l’ombre doit être un flirt avec le soleil »… Définir les grands élans, fascination, frustration, échecs, succès, lois des convenances, jeu des écarts, magique liberté… conquête de l’innocence qui autorise une appréhension neuve et sereine du monde, ébauche d’un art du bonheur : « celui qui en forêt ne connaît pas le nom des arbres peut jouir pleinement de sa promenade »… L’art poétique se précise avec le portrait de la mère de Cézanne, la rêverie sur le point de vue sur le détail qui noie l’essentiel… il faut alors s’efforcer de « faire comme les peintres, cligner des yeux pour perdre le détail des choses qui masquent les formes en entretenant entre elles des relations faussées par leur utilité ». Le tout s’emporte, baigné des lumières de Syméon Fieulaine, aux sons de la subtile guitare de Mickaël Zemmit, les modulations inventives de Jeanne Alcaraz, contrepoint de chœur antique… Humour, ironie, profondeur, se conjuguent avec aisance dans cette performance acrobatique qui sait si bien lire les remuements de l’âme humaine.

MARYVONNE COLOMBANI
avril Photographie © Cagliari2017

Spectacle donné au théâtre des Ateliers, Aix-en-Provence du 25 au 31 mars

Photographie © Cagliari

Photos Cagliari 30 mars 2017

 

 

JALOUX DE DIEU

Après Monologue 1- Sous le signe du chien, dans lequel Alain Simon nous entrainait dans le labyrinthe de ses souvenirs d’enfant et d’adulte, il poursuit, dans Monologue 2 – Jaloux de Dieu, sa quête existentielle avec la même forme littéraire, mais avec une forme théâtrale beaucoup plus élaborée.

Alors qu’il avait retenu pour Monologue 1 un jeu statique, caché derrière ses lunettes noires, sans doute en raison du caractère plus intime du texte, il opte cette fois-ci pour une mise ne scène dans laquelle il utilise le langage du corps pour enrichir le texte. Il a aussi développé ce qui n’était qu’à l’état d’ébauche dans Monologue 1 : une diction chantante qui confine parfois au chant lyrique et qui donne une force poétique et incantatoire au texte.

 Il s’est adjoint pour cette performance deux artistes : Mickaël Zemmit qui soutient le texte à la guitare et au chant (comme il l’avait fait dans Monologue 1, mais avec cette fois une présence scénique plus marquée – il lui arrive même de rire et de faire bouger ses oreilles!) et Jeanne Alcaraz qui prête sa voix et son chant (sa complainte improvisée est magnifique !) en ponctuation au texte d’Alain Simon.

Quant au texte, on retrouve, comme dans Monologue 1, une pensée vagabonde qui passe sans transition d’un thème à l’autre, avec toujours les références aux comportements des chiens et des enfants qui constituent l’un des matériaux de prédilection de son enseignement. On retrouve aussi les souvenirs d’enfance, la photographie et la peinture, mais aussi des thèmes nouveaux comme les phobies, les frustrations, le poids des règles, la maladie et la mort, et bien d’autres sujets encore qui dessinent le portrait d’un homme plongé dans le chaos du monde, qui s’interroge sur le sens de la vie et qui s’émerveille d’une simple caresse sur la joue.

Un spectacle à voir de toute urgence au Théâtre des Ateliers, tous les soirs à 20h30 jusqu’au 31 mars. Pierre Le Borgne – 27 mars 2017

Jaloux de Dieu

La question de l’artiste face a la création ?
La création considérée comme le désir de passer au-delà de l’image pour approcher du réel et tenter d’en rendre compte…
“recréer un monde conforme au regard singulier que l’artiste porte sur lui »
C’est l’enjeu de ce monologue au fil de la pensée de l’auteur.
Les scènes de la vie quotidienne figées dans leur banalités s’animent, s’animent sous le regard de celui qui sait déceler l’essence même du détail négligé.
Les souvenirs qui s’entremêlent faisant émerger une figure, un objet, débarrassés de leur utilité première pour une autre vérité.
La beauté d’un paysage captée de manière saisissante par un regard de poète et de philosophe.
Le mystère de l’évocation indicible d’un moment d’intimité, d’une parole avec la mère dans l’Après de la mort.
La complicité, la similitude de démarche avec le peintre qui cligne des yeux pour perdre tout ce qui masque les formes.

Et bien d’autres éléments de réflexion qui font la densité de ce texte et sa forte résonance.

Alors pourquoi vouloir l’interpréter ?
Ma réserve initiale va pourtant tomber  au fil du spectacle… Magie du  plateau ? Peut-être… Mais surtout créativité des interprètes qui chacun dans sa partition insolite, un peu décalé, réussissent à participer du monologue lui-même jusqu’à susciter un partage enthousiaste avec le public !
Un beau moment.
Noëlle Espèrandieu