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Articles de la catégorie ‘Créations’

22
Mar

Jaloux de Dieu – Monologue 2, Création 2017

Photographie © Cagliari Texte et mise en scène  Alain Simon

Assistant à la mise en scène Gilles Jolly – Lumière Syméon Fieulaine –

Avec Jeanne Alcaraz, Alain Simon et Mickaël Zemmit

Nous serons très heureux de vous accueillir au Théâtre des Ateliers à l’occasion d’une représentation de Jaloux de Dieu – Monologue 2, d’Alain Simon, création 2017 du Théâtre des Ateliers.
Pour cette création qui s’inscrit dans la suite de Sous le signe du chien,  l’équipe artistique de ce premier Monologue s’agrandit : Jeanne Alcaraz, chanteuse improvisatrice qui dirige depuis deux ans quatre ateliers vocaux dans le cadre d’Opéra On au Théâtre des Ateliers, rejoint sur le plateau Alain Simon et Mickaël Zemmit, comédien et musicien, pour un travail sur l’interprétation sonore du texte.

 Places à 15 €, adhérents, étudiants 11 €, Pass’arts 7 €  Dossier Jaloux de Dieu création 2017

Production du Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence
Journal Zibeline
Vu par Zibeline
 Monologue 2, Jaloux de Dieu, une nouvelle performance d’Alain Simon

Le monde vu des mots

Monologue 2, Jaloux de Dieu, une nouvelle performance d’Alain Simon - Zibeline

Si les textes sacrés parlent toujours d’un Dieu Jaloux, Alain Simon détourne l’épithète et reprenant sans grandiloquence le thème de l’artiste concurrent de Dieu (et par là maudit), intitule son nouveau spectacle Jaloux de Dieu. Reprenant la forme de Sous le signe du chien, , le comédien, auteur et interprète, joue des associations d’idées, des glissements de sens, des échos pour un Monologue 2 aussi brillant que le 1. En un cheminement à l’imparable logique, ce virtuose du langage nous conduit du thème de la « médiation et sécurisation » (premiers mots du Monologue) au portrait de la femme de Cézanne ! Entre temps, nous sommes passés par l’aéroport de Rome, les autoroutes d’Hitler, la garnison de Toul, avons croisé une foule de personnages, du coiffeur à Van Gogh, évoqué situations et souvenirs, micros évènements qui constituent l’existence, deuils, joies, par le biais d’anecdotes, de récits, mélange du sublime et du futile… goût pour les paradoxes, depuis celui d’un titre glané, Paroles sur le mime d’Etienne Decroux, aux remarques qui allient poésie et dérision, « l’ombre doit être un flirt avec le soleil »… Définir les grands élans, fascination, frustration, échecs, succès, lois des convenances, jeu des écarts, magique liberté… conquête de l’innocence qui autorise une appréhension neuve et sereine du monde, ébauche d’un art du bonheur : « celui qui en forêt ne connaît pas le nom des arbres peut jouir pleinement de sa promenade »… L’art poétique se précise avec le portrait de la mère de Cézanne, la rêverie sur le point de vue sur le détail qui noie l’essentiel… il faut alors s’efforcer de « faire comme les peintres, cligner des yeux pour perdre le détail des choses qui masquent les formes en entretenant entre elles des relations faussées par leur utilité ». Le tout s’emporte, baigné des lumières de Syméon Fieulaine, aux sons de la subtile guitare de Mickaël Zemmit, les modulations inventives de Jeanne Alcaraz, contrepoint de chœur antique… Humour, ironie, profondeur, se conjuguent avec aisance dans cette performance acrobatique qui sait si bien lire les remuements de l’âme humaine.

MARYVONNE COLOMBANI
avril Photographie © Cagliari2017

Spectacle donné au théâtre des Ateliers, Aix-en-Provence du 25 au 31 mars

Photographie © Cagliari

Photos Cagliari 30 mars 2017

 

 

JALOUX DE DIEU

Après Monologue 1- Sous le signe du chien, dans lequel Alain Simon nous entrainait dans le labyrinthe de ses souvenirs d’enfant et d’adulte, il poursuit, dans Monologue 2 – Jaloux de Dieu, sa quête existentielle avec la même forme littéraire, mais avec une forme théâtrale beaucoup plus élaborée.

Alors qu’il avait retenu pour Monologue 1 un jeu statique, caché derrière ses lunettes noires, sans doute en raison du caractère plus intime du texte, il opte cette fois-ci pour une mise ne scène dans laquelle il utilise le langage du corps pour enrichir le texte. Il a aussi développé ce qui n’était qu’à l’état d’ébauche dans Monologue 1 : une diction chantante qui confine parfois au chant lyrique et qui donne une force poétique et incantatoire au texte.

 Il s’est adjoint pour cette performance deux artistes : Mickaël Zemmit qui soutient le texte à la guitare et au chant (comme il l’avait fait dans Monologue 1, mais avec cette fois une présence scénique plus marquée – il lui arrive même de rire et de faire bouger ses oreilles!) et Jeanne Alcaraz qui prête sa voix et son chant (sa complainte improvisée est magnifique !) en ponctuation au texte d’Alain Simon.

Quant au texte, on retrouve, comme dans Monologue 1, une pensée vagabonde qui passe sans transition d’un thème à l’autre, avec toujours les références aux comportements des chiens et des enfants qui constituent l’un des matériaux de prédilection de son enseignement. On retrouve aussi les souvenirs d’enfance, la photographie et la peinture, mais aussi des thèmes nouveaux comme les phobies, les frustrations, le poids des règles, la maladie et la mort, et bien d’autres sujets encore qui dessinent le portrait d’un homme plongé dans le chaos du monde, qui s’interroge sur le sens de la vie et qui s’émerveille d’une simple caresse sur la joue.

Un spectacle à voir de toute urgence au Théâtre des Ateliers, tous les soirs à 20h30 jusqu’au 31 mars. Pierre Le Borgne – 27 mars 2017

Jaloux de Dieu

La question de l’artiste face a la création ?
La création considérée comme le désir de passer au-delà de l’image pour approcher du réel et tenter d’en rendre compte…
« recréer un monde conforme au regard singulier que l’artiste porte sur lui »
C’est l’enjeu de ce monologue au fil de la pensée de l’auteur.
Les scènes de la vie quotidienne figées dans leur banalités s’animent, s’animent sous le regard de celui qui sait déceler l’essence même du détail négligé.
Les souvenirs qui s’entremêlent faisant émerger une figure, un objet, débarrassés de leur utilité première pour une autre vérité.
La beauté d’un paysage captée de manière saisissante par un regard de poète et de philosophe.
Le mystère de l’évocation indicible d’un moment d’intimité, d’une parole avec la mère dans l’Après de la mort.
La complicité, la similitude de démarche avec le peintre qui cligne des yeux pour perdre tout ce qui masque les formes.

Et bien d’autres éléments de réflexion qui font la densité de ce texte et sa forte résonance.

Alors pourquoi vouloir l’interpréter ?
Ma réserve initiale va pourtant tomber  au fil du spectacle… Magie du  plateau ? Peut-être… Mais surtout créativité des interprètes qui chacun dans sa partition insolite, un peu décalé, réussissent à participer du monologue lui-même jusqu’à susciter un partage enthousiaste avec le public !
Un beau moment.
Noëlle Espèrandieu
 
26
Jan

TRiiiO, Fritz, Félix et Piola

            Nous sommes heureux d’accueillir au Théâtre des Ateliers TRiiiO, création 2016 des Nouveaux Nez & Cie au festival d’Alba la Romaine en juillet  dernier, mis en scène par Alain Simon et  actuellement en tournée.Dans le cirque, les clowns, on les attend, ils arrivent entre deux numéros, s’imposant avant d’être chassés.  Paradoxe, on n’attend qu’eux, mais ils sont de trop. Leur temps de présence sur la piste est toujours du temps volé au temps de la représentation des numéros, des  jongleurs,  des avaleurs de sabres, des acrobates, des  dresseurs d’éléphant, de tigres, de chiens… Et le premier challenge de ce travail avec les trois clowns Fritz, Piola et Félix, fut celui d’un travail exclusif sans autre numéro. Le deuxième challenge était qu’ils devaient  surtout jouer dans des théâtres sans  chapiteau, et sans la toile du  chapiteau, sans la piste, les clowns sont alors comme des campeurs  qui quitteraient leurs tentes pour aller s’installer dans des hôtels prestigieux. Et en plus, il faut qu’ils tiennent  une heure quinze, en étant des invités et non des passagers clandestins. Comme des nomades devenus soudain sédentaires,  on leur  impose des règles qui ne sont pas dans leurs traditions  et on les  encourage à raconter une histoire avec un début et une fin.

          Nous avons pourtant choisi, pendant cette durée d’une heure quinze, de garder ce statut des clowns de piste qui s’invitent  sur  scène où  il est bien prévu qu’ils fassent un spectacle, mais ils ne sont sûrs ni  de l’heure, ni du lieu. Peut-être même que ce ne sont pas eux qui doivent jouer. Mais c’est trop long d’attendre, ils veulent que le spectacle soit court, car ils ont entendu qu’il y aurait un vin d’honneur à l’issue de la représentation, et la perspective de ce vin d’honneur devient l’enjeu essentiel de deux des protagonistes, Piola et Fritz. Félix, lui, il est bien élevé, et cela lui  dirait bien de jouer et de faire un vrai spectacle, avec des numéros et de la lumière et de l’ordre… Alain Simon

Mise en scène et écriture : Alain Simon, assisté de Gilles Jolly / Responsables artistiques : Alain Reynaud  et Heinzi Lorenzen / Jeu et écriture : Alain Reynaud, Heinzi Lorenzen  et Gabriel Chamé Buendia / Écriture des numéros clownesques : Ami Hattab  Lumière : Pascal Chassan – costumes Patricia de Petiville – Accessoires : Marie-O Roux assistée de Margot Van Haelst

 Tarif 15€, adh. étud. 11 €, Pass’Art 7 € – rés.  04 42 38 10 45 – theatredesateliers @yahoo.fr

Trois clowns, trois approches réunies : française, sud américaine, anglo-saxonne… Quatre langages différents : français, allemand, espagnol,  anglais… Alain Reynaud, Heinzi Lorenzen et Gabriel Chamé Buendia ont tous les trois une expérience du travail du clown différente et très personnelle.  Ils ont fréquenté des compagnies aussi diverses que Les Nouveaux Nez, Le Cirque du Soleil et le Footsbarn Travelling Theatre. Depuis plusieurs années, leurs chemins se croisent au plateau autour de cet art. Ils ont aujourd’hui envie de donner vie et forme à un trio clownesque, une forme si difficile à faire naître et surtout à faire durer dans le temps.

« On  a affaire à trois belles personnes qui ont chacune un univers fort. Ces trois univers ne sont pas de façon évidente complémentaires dans ce que pourrait être un trio classique, où les trois personnages se construisent au départ en rapport étroit et concomitant à leur pratique commune de trio. Or, chacun de ces trois clowns a déjà une histoire propre et un parcours qui clairement ne s’est pas construit avec les deux autres ! De fait, ce qui domine dans l’intérêt du trio c’est la rencontre, je dirais le télescopage de ces trois parcours, trois ensembles dont il faut chercher l’intersection ! À ce titre, l’improvisation est nécessaire pour l’approcher et la délimiter. Un autre élément déterminant est le goût commun pour un travail du clown classique, dont l’envie de travailler des numéros est le symptôme. C’est donc une forme de célébration à trois du travail du clown avec, en filigrane sa mythologie, son histoire et son imaginaire. Et dans ces numéros, ce qui me semble le plus intéressant, c’est de revisiter les jeux les plus simples, chapeaux, claques, entrées, etc. Autrement dit, trois clowns à la longue expérience créative qui se font et nous font le plaisir de pratiquer les fondamentaux de leur art ! Mais  le plus important  pour moi est la rencontre de ces trois corps qui se cherchent, se frottent, interrogent leur univers propre au contact de l’univers des deux autres. Le travail d’improvisation doit essentiellement être consacré à l’exercice de l’invention de la rencontre : ces trois là se cherchent et par cette recherche peuvent nous faire accéder à des atmosphères étonnantes, une poésie, un baroque, proches de ce l’on trouve dans le théâtre contemporain ». Alain Simon.

« Notre passion pour le clown oscille entre la tradition et la création, le populaire et l’expérimental. Nous explorons des nouvelles écritures et des nouvelles confrontations avec le public pour la figure du clown. L’envie est de créer un spectacle dans lequel l’univers très personnel des trois clowns cohabite avec ce qui est, chez des clowns de piste, plus direct et immédiat. Aujourd’hui le rire est presque exclusivement basé sur la blague, la vulgarisation ou l’autodérision. Ça n’engage rien de profond. Le rire que suscite le clown vient du ratage. Il est toujours tragique. Il nous fait penser à nous-mêmes.  Avec le clown nous avouons l’imperfection de l’homme ». Félix, Fritz, Piola.

 

6
Nov

Reprise de Sous le signe du Chien, Monologue 1

Mardi 8 novembre  à 20h30 – reprise de Sous le signe du Chien – Monologue 1

Texte et mise en scène  Alain Simon – Assistant à la mise en scène Gilles Jolly.

Lumières Syméon Fieulaine -Musique Mickaël Zemmit

Avec Alain Simon et Mickaël Zemmitinfo-signe-du-chien-2-page-001

Nous avons le plaisir de vous convier à la reprise de la création 2015 du Théâtre des Ateliers Sous le signe du chien – Monologue 1  d’Alain Simon qui en fait la mise en scène et l’interprète avec Mickaël Zemmit, musicien et comédien issu de la promotion 2011-2012 de « La compagnie d’entrainement » du Théâtre des Ateliers. Sous le signe du chien sera donné le 18 novembre à Claix, ville satellite de Grenoble.

Pour cette performance, j’aimerais reprendre à mon compte cette phrase de Dieudonné Niangouna, auteur associé  à « La compagnie d’entraînement » 2015-2016 : « je ne viens pas raconter sur scène  ce que j’ai écrit. Je viens écrire sur scène ce que je n’ai pas fini sur la page … »  Alain Simon

Pourquoi dire son texte ? Écrire c’est mettre au jour une langue prête à vivre, et jouer son texte c’est faire vivre l’écriture en révélant ses enracinements cachés. Écrire, de toute façon est l’œuvre de cet autre qui est nous-même, et la consanguinité entre un auteur qui serait aussi son propre interprète n‘existe que si on est le propriétaire narcissique de son texte. Pessoa créa tous ses patronymes parce qu’il était persuadé en lisant un poème qu’il avait écrit quand il avait dix-sept ans que «  ce n’est pas moi qui ai écrit ça, c’est un autre et cet autre je vais lui donner un nom ».
 
« Je cherche à écrire comme mon cerveau pense, par association d’idées. Mes archives personnelles n’y sont pas classées par rubrique comme dans une bibliothèque mais en désordre, reliées entre elles par des fils affectifs ou par le hasard des coïncidences et de la temporalité ».  Alain Simon

Entrées à 15€, adhérents, étudiants, ATP, 11 €, pass’Arts 7€, réservations 04 42 38 10 45 ou theatredesateliers@yahoo.fr

Production du Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence

19
Oct

Performance à partir du roman d’Arundhati Roy Le Dieu des Petits Riens

invit-performance

Depuis plusieurs années, le Théâtre des Ateliers est complice de la Fête du Livre en proposant dans son lieu de la place Miollis des Veilles Théâtrales (lectures intégrales d’une œuvre de l’auteur invité) ou un travail de création. Il propose cette année une performance sur la parole à partir des descriptions contenues dans  Le Dieu des Petits Riens.
« En lisant ce roman d’Arundhati Roy, j’ai été touché et impressionné par la force et la densité des parties narratives de son  texte. Les adaptations théâtrales de romans font souvent la part belle aux dialogues, laissant le plateau et les décors se substituer aux descriptions, oubliant que les mots sont souvent les passeurs irremplaçables de leur dimension poétique et épique. Nous avons choisi de dire ces textes descriptifs en les considérant comme les matériaux d’une performance sur la parole. J’ai confié à la comédienne Elyssa Leydet-Brunel le soin de rendre compte de leur intensité. Elle a appris ces textes  et les dit pendant près d’une heure comme on descend les rapides d’un fleuve ». Alain Simon
 
… Ils coururent le long de la berge tout en l’appelant. Mais elle avait disparu. Emportée sur la route silencieuse. Verdâtre. Pleine de poissons. De ciel et d’arbres. Et, la nuit, de lune émiettée…
 
dans le cadre de la Fête du Livre 2016 : entrée libre
en partenariat avec Les Écritures croisées
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Michel Morin, universitaire, compagnon de la première heure du Théâtre des Ateliers, comédien de la compagnie La Récréation, a assisté à la performance et écrit le texte suivant :

Le Dieu des Petits Riens au Théâtre des Ateliers : quand un livre s’anime

Quand vient l’automne, chaque année à Aix-en-Provence, la  fête du Livre s’ouvre  sur les lointains, les méconnus ou les trop mal connus de la création du monde contemporain de l’écriture[1]. Cette année l’Inde d’Arundhati Roy a pris la parole. Les auditeurs spectateurs, fidèles ou nouveaux,  se sont pressés dans le grand amphithéâtre de la Verrières. Médusés ils ont découvert une femme auteur, belle, pleine d’allant, de vigueur et de joie militante, parlant avec la même aisance de ses fictions et de ses essais, bouleversant pour beaucoup les croyances et les images qu’on admet paresseusement en France comme ailleurs sur le pays, les pays où elle  vit et où elle a vécu,  évoquant avec simplicité les menaces de mort ou  les poursuites judiciaires qui marquent son existence d’écrivain. N’admettant comme inquiétude que celle qu’elle a de ne pas terminer de manière satisfaisante le roman qu’elle entreprend.

Cette année encore ce grand rassemblement ensoleillé en forme de débats, d’animations et d’explicitations s’est  prolongé la nuit dans le petit théâtre laboratoire d’Alain Simon.

Le Théâtre des Ateliers de la place Miollis est en effet peu à peu devenu le prolongement naturel et discret de la Fête du Livre. On peut y passer une nuit à lire l’intégrale d’un livre  de l’invité de l’année dans  une mise en scène ponctuant de musique et d’images le dévoilement d’une œuvre. On peut y entendre se croiser les voix plurielles de lecteurs hommes et de lectrices femmes  résonnant sur les murs peints de noir du théâtre. On peut y échanger et s’y restaurer paisiblement dans des pauses conviviales et tranquilles quand la nuit et l’œuvre avancent vers leur terme.

Cette année c’était différent. Alain Simon en annoncier majestueux  et massif s’est avancé sur le plateau pour dire qu’il avait choisi de faire dire en performance le « Dieu des Petits Riens »  sans livre,  sans pupitre et sans  lampe de chevet. Le livre des petits riens ne serait pas lu dans son entier. Seraient dits, après avoir été appris par cœur par la comédienne Élyssa Leydet-Brunel, les  paysages et les lieux décrits  par Arundhati Roy et habités des personnages quelle avait créés. Cela durerait 55 minutes. Alain Simon  s’est effacé et sur le plateau nu, une jeune femme seule, sans accessoires aucun,  sans costume exotique ni livre à lire, a regardé sans sourciller le public.  La lumière s’est éteinte sur les spectateurs  et Élyssa a fait apparaître le monde des petits riens. La voix changeante, les gestes sobres et les déplacements de la comédienne, un éclairage discret harmonisé à des  situations toujours décrites  avec précision par Arundhati Roy ont transporté magiquement les auditeurs spectateurs que nous étions dans l’univers étrange de Rahel, d’Estha et de leur famille. Quand les 55 minutes se sont terminées dans le noir d’un drame inattendu nous sommes restés immobiles et fascinés. Les applaudissements se sont prolongés longtemps. Je redécouvrais que le temps pour moi devenu ennuyeux dans un roman des descriptions et des décors était aussi et encore un plaisir à vivre. Michel Morin (16 octobre 2016)

[1] Annie Terrier , Guy Astic, Liliane Dutrait,  (2011) Écritures croisées . Parcours dans les littératures du monde, Editions Rouge Profond.

 

19
Nov

Création 2015 : Sous le signe du chien- Monologue 1

  présentation création 2015

   

Mickaël Zemmit et Alain Simon

Mickaël Zemmit et Alain Simon

Sous le signe du chien –Monologue 1

d’Alain Simon

Création 2015 du Théâtre des Ateliers

 Écrit selon une méthode d’écriture discontinue dans le propos et ininterrompue dans la forme, Sous le signe du chien – Monologue 1  est une chaîne de mots, évoquant images, pensées, embryon de réflexions philosophiques, fragments de vie, délires, visions, tentatives  pour l’auteur-acteur de retrouver l’instantanéité de la pensée, une performance de la parole correspondant à une envie irrésistible d’exhaustivité, en tentant frénétiquement de rendre compte de la densité du réel ! Depuis plusieurs années, Alain Simon poursuit un travail de création autour de la parole limite, celle de Sarah Kane, de Valère Novarina, John Giorno et même de René Descartes avec Le discours de la méthode en slam. Pour cette création, il a demandé à Mickaël Zemmit, musicien et comédien issu de la promotion 2011-2012 de « La compagnie d’entraînement » de l’accompagner sur le plateau,

« Pour cette performance, j’aimerais reprendre à mon compte cette phrase de Dieudonné Niangouna, auteur associé  à « La compagnie d’entraînement » : « je ne viens pas raconter sur scène  ce que j’ai écrit. Je viens écrire sur scène ce que je n’ai pas fini sur la page » … »  Alain Simon

Texte et mise en scène  Alain Simon – Assistant à la mise en scène Gilles Jolly

Lumières Syméon Fieulaine

Avec Alain Simon et Mickaël Zemmit

Places à 15 €, adhérents, étudiants, ATP 11€, Pass’art, 7 € – réservations : 04 42 38 10 45 – theatredesateliers@yahoo.fr

 Production du Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence

 Je cherche à écrire comme mon cerveau pense, par association d’idées. Mes archives personnelles n’y sont pas classées par rubriques comme dans une bibliothèque mais en désordre, reliées entre elles par des fils affectifs ou par le hasard des coïncidences et de la temporalité.
création 6 comp

Mickaël Zemmit et Alain Simon

Monologue 1, premier texte d’une série de monologues écrits selon une méthode d’écriture discontinue dans le propos et ininterrompue dans la forme, Monologue 1 est une chaîne de mots, évoquant images, pensées, embryons de réflexion philosophiques, fragments de vie, délires, visions, tentative pour l’auteur-acteur de retrouver l’instantanéité de la pensée. Cette performance de la parole correspond à une envie irrésistible d’exhaustivité en tentant frénétiquement de rendre compte de la densité du réel. Qui trop embrasse mal étreint ! Cette méthode d’écriture dont ce texte rend compte ne décrit-il pas au spectateur son propre fonctionnement, et peut être trouvera t-il son chemin en se perdant dans ses pensées. Depuis plusieurs années, Alain Simon poursuit un travail de création autour de la parole limite. Celle de Sarah kane, de Valère Novarina, John Giorno et même de René Descartes avec Le Discours de la Méthode en slam, performance invitée au Théâtre 140 à Bruxelles en novembre 2014.

Texte envoyé par un spectacréation 1coùmpteur après la Première de Sous le signe du chien

Qu’est-ce qui pouvait motiver les hommes de la préhistoire à enfouir leur art pariétal au plus profond de la terre,  malgré la peur du noir ?

C’est par cette question que commence et s’achève le beau texte qu’a  écrit Alain Simon et qu’il  interprète, campé sur la scène comme un rockeur avec son blouson et ses lunettes noires. Il est  accompagné par Mickaël Zemmit qui soutient intelligemment le texte avec sa guitare sèche, à l’aide d’accords et d’arpèges comme une musique répétitive,  et avec sa voix haut perchée qui  résonne comme une plainte dans le lointain.

Mais qu’est-ce qui a motivé Alain Simon à écrire ce texte qui fouille dans son passé et dans ses émotions  et qu’il nous livre « à cerveau ouvert », malgré le risque de dévoiler l’intime,  et à l’interpréter devant nous,  malgré le risque de l’impudeur ? Sans doute est-ce la nécessité d’écrire et de fouiller la langue pour traduire les flux de conscience qui nous font passer, au hasard d’un mot, à une idée, un souvenir.  Ce long monologue est ainsi comme une mélodie ininterrompue de la vie intérieure où se côtoient les réminiscences heureuses de l’enfance (le grand-père, la maison familiale, les parents, l’école…), les réflexions de l’adulte sur la relation à l’autre, sur la relation au réel, sur l’art (la photo, la peinture), mais aussi la révolte contre la laideur des centres commerciaux !

Paradoxalement il est peu question de théâtre dans ce texte, mais c’est bien de théâtre qu’il s’agit : le théâtre de la conscience mise à nue où les personnages se succèdent : le « il » de l’enfant  disparu, le « je » de l’adulte d’aujourd’hui (celui qui s’identifie parfois avec l’enfant dans une histoire du passé et celui qui nous crie avec émotion qu’il ne veut pas être aveugle), les « elle » du passé que nous ne connaitrons pas et enfin les « on » et les « nous » quand il nous prend à témoin de ses réflexions sur la vie.

Je vous recommande vivement de découvrir ce texte et ce spectacle qui a totalement convaincu les spectateurs le soir de la première et qui se jouera tous les jours jusqu’au lundi 7 décembre.

Pierre Le Borgne

Journal Zibeline

L’actualité culture et société en région PACA, et au delà
Vu par Zibeline
 Enfin! Monologue I, Sous le signe du chien, a été créé au Théâtre des Ateliers.

Dans les mots, un monde…

Enfin! Monologue I, Sous le signe du chien, a été créé au Théâtre des Ateliers. - Zibeline

La création avait été reportée, aiguisant un peu plus la curiosité. Enfin, le théâtre des Ateliers recevait son directeur, Alain Simon, pour le Monologue I, sous-titré Sous le signe du chien. En exergue de la pièce, l’auteur-comédien précise sur la feuille de salle : « Pour cette performance, j’aimerais reprendre à mon compte cette phrase de Dieudonné Niangouna, auteur associé à la Compagnie d’entraînement, je ne viens pas raconter sur scène ce que j’ai écrit. Je viens écrire sur scène ce que je n’ai pas fini sur la page. » En effet, l’écriture du texte est basée sur le mode du discontinu et de l’improvisation. Curieusement, l’ensemble de cette création fragmentaire, à l’instar d’une mosaïque polychrome, trouve une cohérence, une articulation, se nourrit d’échos, de glissements de sens, d’analogies et se clôt sur son entrée en matière, enfermant dans l’orbe du discours la saveur des tableaux de genre, des réflexions philosophiques, des pensées qui cueillent les choses au cœur même de l’instant. On obtient ainsi un paysage kaléidoscopique irisé de remarques drôles ou profondes, dans une esthétique à saut et gambade vivifiante. Aux saynètes se mêlent des remarques sur la création, qui est aussi une manière de ressentir le monde, et d’en rendre compte. « C’est ce qu’on ressent avec notre peau, nos muscles, nos os, nos viscères qui est la preuve du vrai ». L’interrogation première est dernière se pose sur l’art, le sens du sacré. « Qu’est-ce qui pouvait bien motiver ces hommes (préhistoriques) pour, au-delà de leur peur du noir, enfouir leur art pariétal si profond dans la terre ? ». Enfouis dans les méandres de la mémoire, les souvenirs affleurent, se reconstruisent, empruntent aux paperolles proustiennes, évoquent au sens premier du terme tout un univers. L’enfance offre son regard, le filtre du temps apporte sa distanciation, tendre et ironique. Alain Simon n’est pas seul sur scène pour cette lecture. Le monologue se double de la guitare et des mots en écho de Mickaël Zemmit. Le duo aussi est improvisé, jouant des coïncidences et des associations, avec une inventive et intelligente complicité. La musique n’est pas posée sur les mots, mais dialogue avec eux, offre un contrepoint, accorde un supplément de sens, dessine les contours de cette rêverie. Les lumières de Syméon Fieulaine baignent l’ensemble avec une délicate poésie. Bientôt suivra le Monologue II, Jaloux de Dieu… où « le peintre en rétablissant le chaos du monde en fait le réorganise dans une autre vérité ». Celle du spectacle est d’une troublante intensité.

MARYVONNE COLOMBANI

Décembre 2015

Le spectacle Monologue I, Sous le signe du chien, (texte et mise en scène d’Alain Simon) a été donné au théâtre des Ateliers du 30 novembre au 7 décembre.

Les textes Monologue I et Monologue II sont disponibles à l’entrée du théâtre au prix de 2€ chacun.

Photographie © Nicole Esquieu

8
Mai

Days of nothing, spectacle ATP invité

DAYS OF NOTHING

  • Théâtre Aix Days of nothing

Lieu du spectacle: Théâtre des Ateliers29 Place Miollis, 13100 Aix-en-Provence

  • Lundi 20 avril – 19h00  – Lundi 20 avril – 21h00

De : Fabrice Melquiot   Mise en scène : Matthieu Roy 

Rémi Brossard, auteur : Philippe Canales
Maximilien, collégien : Charlotte van Bervesseles
Alix, collégienne : ​Charlotte van Bervesseles

PRODUCTION CIE DU VEILLEUR Coproduction Fédération des Associations de Théâtre Populaire (FATP)- Théâtre de Thouars – Scène conventionnée, ONDE – Théâtre et Centre dʼArtde Vélizy-Villacoublay, MA Scène Nationale du Pays de Montbéliard, Scènes du Jura -Scène Nationale de Lons-le-Saunier
En partenariat avec lʼIRCAM à Paris

Partenariat avec le Théâtre des AteliersThéâtre des Ateliers Aix-en-Provence

Days of nothing est la dernière pièce de Fabrice Melquiot, publiée en mars 2012.
Elle raconte lʼhistoire de Rémi Brossard, un auteur en résidence dʼécriture dans un collège de banlieue parisienne qui va faire la rencontre de deux « spécimens » de lʼétablissement : Maximilien et Alix.

Cette rencontre va bouleverser lʼauteur dans son projet dʼécriture et renvoyer chacun des
personnages à ses propres limites : difficulté à vivre dans le monde, à y trouver sa place, à faire acte.

Avec la poésie, lʼhumour et la pertinence qui sont les siennes, Fabrice Melquiot nous invite à une plongée vertigineuse dans les problématiques de lʼadolescence et du processus de création.
Les textes de Fabrice Melquiot sont traduits en plusieurs langues. En 2008, il a reçu le Prix Théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son oeuvre.
Cet auteur majeur de la scène française nous offre lʼopportunité rare de réfléchir sur ces thématiques contemporaines essentielles de manière fine, sensible et intelligente.

Cette pièce à été choisie par la Fédération des ATP de France et désignée projet lauréat de première mise en scène d’un texte de théâtre francophone » pour la saison 2014/2015.
A ce titre elle sera programmée dans tous les ATP de France durant cette saison.

 Zibeline

Vu par Zibeline
| Mis en ligne le Vendredi 8 mai 2015 ·

Days of Nothing proposé par les ATP d’AIx au théâtre des Ateliers.

Étude sur le rien

• 20 avril 2015⇒21 avril 2015 •

Days of Nothing proposé par les ATP d'AIx au théâtre des Ateliers. - Zibeline

 Un écrivain en panne d’inspiration, Rémi Brossard, se retrouve en résidence d’artiste dans un collège. Ah ! Quelle belle pièce sur la nécessité du partage d’expérience, des vertus de la pédagogie par l’exemple… Point si manichéen, ni si didactique s’il vous plaît ! La situation des personnages dans un collège leur permet de se rencontrer, mais il n’y a pas de pièce « pédagogique » ici ! Même si on rit beaucoup lors de la rencontre entre la classe et l’auteur (un vivant et qui écrit des livres !), avec une superbe galerie de portraits, les questions convenues, les attentes, les redites, les remarques sottes ou vides, la superficialité, l’impossibilité de transmettre l’essence même du projet d’écriture… Car le sujet de la pièce reste le langage, ses codes, ses confrontations, qu’elles soient générationnelles ou de classe. Notre écrivain donc, est en résidence, une résidence dont le caractère inconfortable est souligné par une mise en scène (Matthieu Roy) qui fait de la salle de classe montée sur une estrade, un ring. C’est là que Rémi rencontre Maximilien qui joue les durs, manie les mots comme autant de lances, verve trop bien huilée, trop référencée, mine de rien, pour être vraiment honnête. Il s’avère que ce « rebelle » est un pilier du CDI, infatigable lecteur… mais il joue devant l’écrivain le rôle du mauvais garçon, provoquant à l’excès, revendiquant un langage où les mots les plus gros ou les plus triviaux fleurissent, code manié avec virtuosité qui, donné à l’adulte, crée l’illusion, et pousse la grande personne à déraper, oublier les conventions pour emprunter un vocabulaire et un ton qui l’abaissent. Maximilien reprend vertement Rémi, il n’a pas le droit de parler comme ça, de se servir des mots d’une jeunesse qu’il n’a plus, « vous devez montrer l’exemple » ! Pris dans les rets du jeune garçon, l’auteur se voit acculé aux questions les plus profondes, les plus précises, sur son esthétique, son inspiration, sur la relation entre l’écriture et le monde. Les attitudes sont passées au scalpel « tu pionçais comme une merde » se moque Maximilien devant lequel Rémi Brossard se voit obligé de se justifier : «  je rêvais. Les rêves sont une source d’écriture essentielle »… Certes, Desnos est passé par là, mais l’auteur devient funambule, et perd ses mots, s’agace, se réfugie dans le verbe de l’insulte facile… faillite adulte à laquelle répond la mort choisie de l’adolescent. Parfum de Cioran, mêlé à la chanson Days of nothing de Chokebore qui donne son nom à la pièce… Puis il y a Alix (Charlotte van Bersseles), qui brode, invente, se crée une histoire d’amour avec Maximilien, pousse l’écrivain à raconter ce qu’elle a vécu, donner par la réalité des mots une épaisseur à ce qui a été… triomphe de l’invention, du mensonge, propre au masque des mots. Alix ment, elle endosse l’histoire de la fille du proviseur, suicidée peu après celui qu’elle aimait, Maximilien. Un Roméo et Juliette ou peut-être rien… qu’est-ce qui donne un sens à la vie ? Les mots sont-ils dotés de cette force ? Ne sont-ils que des voiles plus ou moins opaques sous lesquels nous avançons ? Le texte de Fabrice Melquiot porté avec une belle intelligence par les deux comédiens, Philippe Canales et Charlotte van Bervesseles (convaincante dans les deux rôles d’adolescents) pose la question des limites avec humour, sensibilité, justesse. Est-ce que les mots nous rapprochent ou nous éloignent du réel ?

MARYVONNE COLOMBANI

Avril 2015

Days of Nothing vu au théâtre des Ateliers, Aix-en-Provence, le 20 avril

Spectacle présenté par les ATP d’Aix.

Photo © JeanLouis Fernandez

 

26
Fév

Monologue 1 ou le signe du chien

Création 2014-2015 du Théâtre des Ateliers :

Monologue 1 ou le signe du Chien

Texte, mise en scène et interprétation Alain Simon

Assistant à la mise en scène Gilles Jolly – Lumière Syméon Fieulaine, dispositif scénique Jacques Brossier

Je cherche à écrire comme mon cerveau pense, par association d’idées. Mes archives personnelles n’y sont pas classées par rubriques comme dans une bibliothèque mais en désordre, reliées entre elles par des fils affectifs ou par le hasard des coïncidences et de la temporalité Alain Simon

Premier texte d’une série de monologues écrits selon une méthode d’écriture discontinue dans le propos et ininterrompue dans la forme, Monologue1 est une chaîne de mots, évoquant images, pensées, embryon de réflexions philosophiques, fragments de vie, délires, visions, tentatives  pour l’auteur-acteur de retrouver l’instantanéité de la pensée, une performance de la parole correspondant à une envie irrésistible d’exhaustivité, en tentant frénétiquement de rendre compte de la densité du réel ! Qui trop embrasse mal étreint ! Mais ce texte ne dit-il pas au spectateur son propre fonctionnement ?   Et peut être trouvera-t-il son chemin en se perdant dans ces pensées. Depuis plusieurs années, Alain Simon poursuit un travail de création autour de la parole limite.  Celle de Sarah Kane, Valère Novarina, John Giorno et même de René Descartes avec Le discours de la méthode en slam, performance invitée au Théâtre 140 à Bruxelles les 5, 6 et 7 novembre derniers.

28
Jan

Tartuffe d’après Tartuffe d’Après Tartuffe d’après Molière

 

 

Zibeline janvier 2015

Vu par Zibeline

Guillaume Bailliart seul sur scène pour tous les rôles de Tartuffe !

Le triomphe de Tartuffe

• 14 janvier 2015⇒16 janvier 2015 •

Guillaume Bailliart seul sur scène pour tous les rôles de Tartuffe ! - Zibeline

Pièce sur l’hypocrisie,  le Tartuffe de Molière reste d’une brûlante actualité. La cabale des dévots fera interdire la pièce, dont la conclusion, qui accorde la victoire totale au masque, à la fausseté, à la manipulation, à l’affectation des meilleures vertus à des fins criminelles, trouble par sa vérité sombrement pessimiste. L’œuvre ne pourra retrouver le chemin de la scène qu’après la concession d’un deus ex machina, le roi Louis XIV lui-même, qui vient rétablir l’équilibre, dénoncer le mal et rendre grâce à l’honnêteté enfin récompensée. Par bonheur, il semble que les troupes reviennent à la fin première, sans illusions où Orgon, « traître à lui-même » perd sa fortune accaparée par le faux dévot Tartuffe. Le parti pris de Guillaume Bailliart est celui de la virtuosité. Celle du texte, mis à nu, superbement dit, celle de la solitude, brillante. Seul sur scène, l’acteur endosse tous les rôles, nous fait ‘voir’ et entendre les différents personnages avec une vérité confondante. Les noms des protagonistes inscrits au sol et sur les murs sont désignés, convocation au paraître, et se retrouvent là, devant nous, dans l’incarnation fulgurante que leur concèdent les mots. Tout est joué, yeux fermés, aveuglement même des plus pertinents puisqu’ils laissent faire, et se contentent de jouer les Cassandre… les yeux fermés pour tous, mais un Tartuffe avec un regard de rapace, écarquillé, seule conscience calculatrice éveillée, à l’affut, prédatrice. L’ensemble est époustouflant, porté par le rythme de l’alexandrin, le souffle tempétueux d’une mécanique tout aussi implacable que l’est l’imposteur. Nul besoin de décor, une table suffit, nul besoin de costume, les apprêts et les beautés se trouvent dans les vers, leur puissance, magnifiée par l’irrésistible élan que leur apporte Guillaume Bailliart dans cette démonstration de pur théâtre où jamais l’acteur ne joue de numéro cabotin, mais est littéralement l’incarnation d’un texte. Un grand merci aux ATP et au théâtre des Ateliers pour un choix aussi pertinent qu’exceptionnel !

MARYVONNE COLOMBANI
Janvier 2015

Ce spectacle des ATP a été vu le 14 janvier, au théâtre des Ateliers, Aix en Provence

Photographie copyright : Mathilde Delahaye

 

Théâtre des Ateliers

15
Nov

Elles s’appelaient Phèdre

Elles s’appelaient Phèdre – Jeudi 13 et vendredi 14 novembre à 20h30

d’après Jean Racine

adaptation et mise en scène Jean-Marie Broucaret – assistant à la mise en scène Patxi Uzcudun

Avec : Sophie Bancon et Catherine Mouriec.

Le Théâtre des Ateliers a le plaisir de présenter cette création du Théâtre des Chimères sous la direction de Jean-Marie Broucaret, que le public aixois connaît en tant que comédien et pédagogue. Il est heureux de l’accueillir aussi en tant que metteur en scène. Une soirée lui sera consacrée le 17 novembre à 20h30 dans le cadre des Improvisées autour de son travail d’implantation dans le Sud Ouest.

Avec Elles s’appelaient Phèdre, il ne s’agit pas de monter Phèdre mais de raconter Phèdre. En faisant alterner des parties contées et les scènes jouées du Phèdre de Racine, en passant de la prose à l’alexandrin, de la relation directe au public au quatrième mur, il s’agit de questionner, à partir de ce que nous sommes, notre relation à cette œuvre et plus largement au théâtre.

Les deux comédiennes jouent, ici, tous les rôles. Ce choix de deux actrices pour interpréter huit personnages, de sexes et d’âges différents, est guidé par la volonté de réaliser un spectacle sur la passion amoureuse, sous les multiples formes qu’elle prend dans la pièce.

Quel rapport entretenons-nous aujourd’hui avec cette violence passionnelle ? Et avec le désir nié, rejeté, bafoué ou partagé ? Dialogue entre le XVIIe et le XXIe siècle, mais également entre un mythe antique grec fondateur et notre modernité. Donner à voir la trace que cette œuvre majeure laisse aujourd’hui en nous.

Production Théâtre des Chimères de Biarritz

Places à 15 €, adhérents, étudiants 11€, Pass’arts 7€  –   réservations 04 42 38 10 45 -theatredesateliers@yahoo.fr

Texte envoyé par Anne Randon :

Elles s’appelaient Phèdre au Théâtre des Ateliers

Mise en scène de Jean-Marie Broucaret d’après Racine

Elles sont deux sur la scène, fausses jumelles dans un décor dont la neutralité évoque immédiatement le « palais à volonté » des tragédies classiques. Car c’est de Phèdre qu’elles vont nous parler, celle de Racine, certes, mais aussi la Phèdre qui est en chacun de nous.

Jean-Marie Broucaret a voulu nous donner à entendre en écho à la langue du 17ème siècle, simultanément corsetée et révélée par l’alexandrin, notre langue du XXIème siècle, plus libre en apparence mais enfermée dans la gangue des clichés. Pour cela, Sophie Bancon et Catherine Mouriec font alterner parties contées et scènes jouées de la pièce de Racine, assumant à elles seules les huit personnages, n’hésitant pas à commenter les événements à la lumière de leur expérience de femmes d’aujourd’hui. Ainsi, la passion de Phèdre, son combat, ses espoirs et désespoirs, deviennent nôtres. Sans jamais sacrifier le texte de Racine, le faisant entendre avec la force et la rigueur qui sont les siennes, les deux comédiennes en font jaillir l’éternel féminin, ou plus justement, l’éternel humain. Elles montrent cette dépossession de soi qu’est la passion, cet effort de reconquête qu’est le langage. Raconter, n’est-ce pas à la fois actualiser et mettre à distance, revivre et se regarder vivre, souffrir et sourire ? N’est-ce pas faire partager un vécu en convoquant le mythe et montrer, comme le fit Barthes dans ses Mythologies qu’il est inscrit dans notre quotidien ?

« Elles s’appelaient Phèdre », elles s’appellent Sophie ou Catherine, Elodie ou Farah, voire Romain ou Enzo. Par-delà les siècles, les frontières ou les genres, Racine nous parle encore et toujours de la passion amoureuse. Merci à Jean-Marie Broucaret de nous l’avoir fait entendre dans toute sa vigueur et sa poésie. Anne Randon


5
Nov

Le discours de la méthode à Bruxelles

Le discours de la méthode

Descartes
Théâtre des Ateliers (Aix-en-Provence)
Alain Simon / Christophe Paturet 

mardi 4 novembre à 20:30

mercredi 5 novembre 2014 à 20:30
jeudi 6 novembre 2014 à 20:30

 

Descartes version slam

Je pense donc je suis


© Theatre des Ateliers d’Aix-en-Provence

Qui d’entre nous relit Descartes par pur plaisir? Inconcevable?
Mais quand Alain Simon nous en donne sa version slam, rythmée comme une partition de Bach ou de Jimmy Hendrix, on s’étonne de la musicalité de la langue qui submerge le discours telle une vague déferlante. Inexorable, saoulante. Péremptoire.
Et il faut suivre, s’accrocher, tandis que Christophe Paturet, pianiste de jazz et compositeur, scande les paroles d’accords néo-classiques qui m’évoquent les arabesques de Keith Jarrett.
Et le lendemain nous relisons Descartes à tête reposée, un peu comme se remémorer un voyage.

Jo Dekmine

Le slam met le texte au centre, convoque la poésie, avec virtuosité, dans une langue étudiée presque savante. Pour un peu le slam réinventerait l’alexandrin comme moyen d’expression…
Alain Simon

La pensée de Descartes est apparue comme la musique de J.S. Bach, telle une rose épanouie dans l’immense plaine neigeuse du silence.
Milan Kundera

Texte: René Descartes
Adaptation et mise en scène : Alain Simon
Assistant à la mise en scène : Gilles Jolly
Musique : Christophe Paturet
Lumières : Syméon Fieulaine

Théâtre 140
Avenue Plasky 140

1030 Bruxelles

Répétition sur la scène du 14, 4 novembre 2014

 

répétition, la scène et la salle du 140

Le 4 nov, dans la loge avant le spectacle