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Articles de la catégorie ‘Veilles Théâtrales /Lectures augmentées’

15
Nov

Apprendre à finir

Apprendre à finir de Laurent Mauvignier

Lecture augmentée par Elyssa Leydet Brunel, mise en scène Alain Simon

5
Oct

Veille Théâtrale 2019 :

Le jeu des Ombres de Louise Erdrich – 12 octobre 2019

Depuis plusieurs années, en partenariat avec Les Écritures Croisées, le Théâtre des Ateliers est complice de la Fête du Livre en proposant dans son lieu de la place Miollis des Veilles Théâtrales, lectures  d’une œuvre de l’auteur invité.  Pour la Fête du Livre 2019, Bénédicte Ménissier et Alain Simon se relaieront le samedi 12 octobre pour lire à partir de 20h30 depuis le début, le roman Le jeu des ombres de Louise Erdrich, et s’arrêteront au bout de 155 minutes.

« Irène s’aperçoit que Gil son mari lit en cachette son journal intime. Elle décide alors d’y écrire des choses fausses sur sa vie pour perturber son mari, en particulier que  leurs enfants ne sont pas de lui « . Cette fiction à l’intérieur du roman bouleverse sa dimension fictionnelle en lui donnant une étrange réalité. C’est comme au théâtre, le fantôme du père d’Hamlet est illusion puis qu’il s’agit d’une hallucination, mais comme il apparaît dans l’espace d’illusion qu’est le théâtre, par effet contre typique, le fantôme devient réel. C’est cette semblable mise en abîme que l’on trouve dans Le chemin des ombres qui nous a donné envie de lire ce roman au public. Alain Simon

Les portes du théâtre resteront ouvertes pour permettre à chacun de venir assister à la Veille selon ses disponibilités, et deux pauses seront ménagées pour se restaurer. Entrée libre dans le cadre de la Fête du Livre 2019

9
Mar

Lectures des Monologues

« Avec ces monologues, dont les 3 premiers ont été créés en 2016, 2017 et 2018 au Théâtre des Ateliers, je voulais explorer une méthode d’écriture qui s’appuie sur le mythe de l’improvisation, je dis mythe car l’improvisation hante toutes les pratiques théâtrales sans toutefois aboutir à des créations.

Improviser pour moi est donc la possibilité de juxtaposer différents niveaux de langage, des événements sans lien rationnel les uns avec les autres mais en cohérence avec le parcours sensible de notre vie. Nous quittons une cohérence de « thème » pour une cohérence de lien où règnent les associations d’idées. Ce n’est pas une juxtaposition de textes sans lien apparent entre eux, ils sont reliés de façon souterraine comme ces îles isolées qui se découvrent à marée basse complètement rattachées entre elles, ne constituant qu’une seule entité…

Cette série de monologues est donc écrite selon une méthode d’écriture discontinue dans le propos et ininterrompue dans la forme, chaînes de mots évoquant images, pensées, embryons de réflexions philosophiques, fragments de vie, délires, visions, tentatives de retrouver l’instantanéité de la pensée. Les deux derniers monologues ont été écrits de la même manière, mais dans un enclos thématique, l’amour pour Aimer aimer et le deuil pour Paule. Ces performances de la parole correspondent à l’envie irrésistible d’exhaustivité en tentant frénétiquement de rendre compte de la densité du réel.  Cette pratique de l’écriture dont le but est d’être dite en public, ne décrit-elle pas au lecteur et futur spectateur le propre fonctionnement de ses pensées ? C’est le pari de ces textes ». Alain Simon

Pour écouter la bande sonore du spectacle Sous le signe du Chien enregistré en 2016 : http://youtu.be/_RljrjDikbg

Monologues paru aux éditions Rouge profond est diffusé par Harmonia Mundi. Il est disponible au Théâtre des Ateliers aux heures d’ouverture, le lundi toute la journée et les après midi de 15h30 à 20h30 au prix de 12 €uros.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9
Oct

Veille Théâtrale « Cette chose étrange en moi » d’Orhan Pamuk

Vendredi 12 octobre à  partir de 20h30

Veille Théâtrale : Cette Chose étrange en moi d’Orhan Pamuk

Syméon Fieulaine et Alain Simon lisent 155 minutes du roman

Depuis plusieurs années, en partenariat avec Les Écritures Croisées, le Théâtre des Ateliers est complice de la Fête du Livre en proposant dans son lieu de la place Miollis des Veilles Théâtrales, lectures intégrales d’une œuvre de l’auteur invité.

Pour la Fête du Livre 2018, Syméon Fieulaine et Alain Simon se relaieront  pour lire à partir de 20h30  et depuis le début, le roman Cette Chose étrange en moi d’Orhan Pamuk, et s’arrêteront au bout de 155 minutes.

Les portes du théâtre resteront ouvertes pour permettre à chacun de venir assister à la Veille selon ses disponibilités, et une pause sera ménagée pour se restaurer. L’entrée est libre.     

   La vie, les aventures, les rêves du marchand de boza Mevlut Karatas et l’histoire de ses amis 

 et

Tableau de la vie à Istambul entre 1969 et 2012 vue par les yeux de nombreux personnages.

 » Ces sous-titres du roman définissent bien ce qui nous a donné envie de proposer cette lecture ! Un narrateur raconte l’histoire de Mevlut, le personnage principal, et puis le père, le cousin, toute une galerie de personnages viennent s’adresser au lecteur, à la première personne, pour lui donner leur point de vue ! Et le livre nous restitue une place de village grouillante de voisins, de familles, que la civilisation rurale nous offrait et  dont nous avons été dépossédés  en nous exilant dans les villes ! En même temps Orhan Pamuk, en patient entomologiste, nous fait le cadeau des infinis détails qui nous permettent l’immersion dans cette saga stambouliote ». Alain Simon

 Créateur lumières de toutes les créations du Théâtre des Ateliers  depuis 1997,  Syméon Fieulaine est comédien, metteur en scène, directeur artistique de la compagnie Les faiseurs de pluie. Chercheur en Sciences humaines et sociales, il crée à Chalon/Saône Mythologic Factory, plateforme créative d’interventions artistiques pour le lien social.

 En partenariat avec Les Écriture Croisées, dans le cadre de la Fête du Livre 2018 

Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature 2006, invité des Écritures Croisées à Aix en Provence –

« Le piéton d’Istanbul » ……

155 minutes…

Le Théâtre des Ateliers proposait, avec 155 minutes de lecture de Cette chose étrange en moi, un délicat prolongement de ces rencontres autour de l’œuvre du « graphomane intraitable » qu’est Orhan Pamuk. Le temps minuté, clin d’œil à John Cage et son célèbre 4’33’’, peut « laisser la lecture s’achever au milieu d’une phrase, comme lorsque l’on s’endort sur un livre », précise Alain Simon (elle s’est arrêtée à la page 83, NDLR). Le texte se partage avec son complice Syméon Fieulaine, en une esthétique de la surprise qui empêche toute monotonie, passages aux longueurs aléatoires, dialogues narrés ou joués à deux, exhibition de larges étiquettes au nom des protagonistes lorsque le récit est pris en charge par l’un d’entre eux dans ce texte aux points de vue multiples. « Orhan Pamuk a interviewé nombre de personnes dont l’âge correspondait aux époques successives de son livre, et la saveur des mots, des phrasés s’y retrouve, authentique », rappelle Alain Simon. « L’auteur, en patient entomologiste, nous fait le cadeau des infinis détails qui nous permettent de nous immerger dans cette saga stambouliote ».

La vie dense et fourmillante d’Istanbul de 1968 à 1982 (pour la partie lue ce soir-là, mais le roman nous conduit jusqu’en 2012) prend chair, animée de la vivacité des voix des lecteurs, qui ajoutent aux mots leur intelligence, en font ressortir la subtilité. « Plus on entre dans la lecture, plus on s’oublie, on a l’impression que l’auteur est à côté de nous, et nous parle… Le rythme profond du texte émerge, et nous emporte dans sa cadence » confie Alain Simon. À la pause, chacun peut savourer le goût de la boza, boisson emblématique du vieil Istanbul, que vend le héros de son roman, Mevlut. Délices de la synesthésie !

MARYVONNE COLOMBANI
Octobre 2018

La Fête du livre consacrée à Orhan Pamuk a eu lieu les 11 et 12 octobre à Aix-en-Provence

La 18e Veille théâtrale s’est déroulée le 12 octobre au Théâtre des Ateliers

 

17
Oct

Veille théâtrale 2017 Là-haut vers le Nord de Joseph Boyden

« Sa mère lui avait appris une distance. Pour se rappeler ce qu’on a sur le bout de la langue, disait-elle, il ne faut jamais forcer la mémoire car il n’y a pas grand chose de bon qui vient de la force. Oublie ce que tu veux te rappeler : le souvenir se sentira seul et reviendra de lui-même. »….

 Pour connaître un pays, on peut bien sûr y aller, on peut se documenter en lisant des livres d’histoire et de géographie, mais on peut aussi faire appel à la littérature. Eh bien, la lecture des nouvelles écrites par Joseph Boyden m’a précipité dans l’univers du Canada, sans crier gare, je dirais presque avec brutalité. Loin des guides touristiques, mon imaginaire  s’est déclenché sur ce pays avec ses lacs, ses forêts, ses loups, ses ours, ses oies sauvages, ses huttes de sudations, ses motos-neiges, ses indiens, la violence des rapports entre ses habitants dispersés dans cette nature infinie, l’alcool, la police tribale, ses réserves et ses parcs naturels…Et  le style d’écriture de Joseph Boyden m’a semblé ne faire qu’un avec les paysages physiques et humains  de ses nouvelles. J’ai retrouvé dans Là-haut vers le Nord le mystère que je projetais enfant dans la période du Moyen Âge, avec là aussi ses forêts profondes et ses légendes. La Fête du Livre  nous permet une fois encore de nous immerger dans une  littérature inédite. Alain Simon
 
Ancienne élève de Jacques Lecoq, Noëlie Giraud, a joué au Footsbarn Theater et dans la création de Macha Makaïef  Les Apaches. Depuis 2014, elle fait partie de l’équipe artistique de Lecture Plus, action en direction du jeune public du Théâtre des Ateliers.
 

Alain Simon

Noëlie Giraud

 

 

Minuit, fin de la Veille théâtrale…

19
Oct

Malaise dans la civilisation de Sigmund Freud

info-veille-freud-page-001« La civilisation a toujours été animée par un  combat entre la pulsion de vie et celle de mort et  nul ne peut présumer du succès et de l’issue«  

 Il y a quelques années, j’invitais Jean-Marie Broucaret à lire ce texte de Freud. Convaincus tous les deux de son intérêt, nous envisagions alors de lire l’intégralité de ce texte dans le cadre d’une Veille théâtrale. Ce projet se réalise cette saison, dans un contexte qui lui donne encore plus d’intérêt ! Nous avons cru à l’irréversibilité du progrès et nous voyons à la lumière de cette crise que le vernis civilisationnel est fragile ! Freud nous invite à prendre en compte notre part archaïque qui si elle est par trop négligée risque de nous imposer le resurgissement de dérives barbares…  A. Simon

Jean-Marie Broucaret et Alain Simon sont complices de longue date  pour des lectures souvent données dans le cadre  des Écritures Croisées, lors de Veilles théâtrales ou de lectures-performances comme l’ont été à Aix-en-Provence et à Bayonne Vers une intégrale de Don Quichotte en 1999 et la lecture intégrale de Cent ans de solitude en 2013. Comédien, metteur en scène, directeur artistique du Théâtre des Chimères et du Festival de Théâtre Franco ibérique et Latino  américain de Bayonne qu’il a fondé en 1980, Jean-Marie Broucaret rejoint avec Malaise dans la civilisation Alain Simon pour leur septième Veille théâtrale à lire ensemble. Elle sera reprise au Théâtre des Chimères à Biarritz le 4 décembre.

 Veille Théâtrale mode d’emploi :  Il y aura deux pauses d’un quart d’heure, au cours des quelles vous pourrez vous restaurer, chacune après une heure cinq de lecture. La dernière partie durera 35 minutes. Vous pourrez alors si vous le souhaitez rencontrer les comédiens.

Alain Simon et Jean-Marie Broucaret, 3 novembre 2016 cl. Cagliari

Alain Simon et Jean-Marie Broucaret, 3 novembre 2016 – cliché Cagliari

Compte rendu envoyé par Michel Morin

Au Théâtre des Ateliers : Sigmund Freud discute avec Freud Sigmund des malaises et des malheurs de la civilisation.

Rien de tel en pleine folie collective qu’un retour aux textes des vieux sages. Acteurs-spectateurs des désastres de leurs contemporains quelques-uns de nos  grands antécédents ont eu le courage tranquille de vouloir comprendre et expliquer  les étranges aléas de la quête du bonheur et les déraisonnables emballements de la violence et de la haine dans les sociétés humaines. Montaigne a montré la voie il y a longtemps quand les massacres des guerres de religion ravageaient l’Europe. Freud il y a moins longtemps,  confronté à la montée irrésistible des fascismes, a pris la distance et le temps d’écrire en 1929 un curieux essai qu’il a intitulé «  « Das Unbehagen in der Kultur », traduit  par « Malaise dans la civilisation ».  Ce texte circule maintenant en Francophonie avec l’intitulé labellisé : « Le Malaise dans la culture ».  Il y a quelques jours Alain Simon a eu la bonne idée de présenter dans son théâtre une lecture de ce texte qui s’est révélé pour ses auditeurs d’une étonnante actualité.

A l’extérieur les télés continuaient à banaliser l’image des massacres, des noyades et des camps de concentration modernes pour immigrés ; les français apprenaient laborieusement que le mot Brexit annonçait peut-être un nouvel appel à une néo-Jeanne d’Arc pour sauver la patrie contre l’ennemi héréditaire et les sauvages envahisseurs ; préparés par des experts sondeurs internationalement qualifiés, le grand public ignare et le petit public informé attendaient avec curiosité le remplacement d’un noir par une vieille intrigante au pays des cow-boys. On ne savait pas encore que le gagnant  serait  un vieux clown appelé Donald, lubrique et fier du colt qu’il porte toujours sur lui.

Alain Simon -Cliché Cagliari

Alain Simon -Cliché Cagliari

C’est dans ce contexte dérouté et déroutant  que les portes du théâtre se sont ouvertes à qui voulait venir. Les visiteurs se sont sagement installés sur les gradins inconfortables habituels. Ils se sont retrouvés dans le noir et la lumière a éclairé le plateau. En dessous d’eux. une longue table, deux lampes, deux hommes, Alain Simon et  Jean-Marie Broucaret, avec pour chacun un tas de feuillets bien rangés à l’épaisseur plutôt rassurante. Ils ont commencé à lire en alternance. Les mots n’intimidaient pas. Ils parlaient  bonheur,  souffrances, amour, mort, sexe, enfant,père, mère, violence , agressivité, culpabilité . Quand des mots concepts venaient, surmoi, moi, castration , complexe, instance,  pulsion de mort, ils étaient patiemment définis, expliqués et discutés.  Peu à peu on comprenait que les deux lecteurs qui s’interrompaient gentiment ne se disputaient pas mais se discutaient. C’était une pensée  au travail qu’on entendait et qu’on voyait dans le jeu du dédoublement des lecteurs.  L’humour et  l’ironie virulente de Freud ou de Sigmund se mêlaient à des aveux de doute et des déclarations de modestie[1]. Ils permettaient de démolir tranquillement avec aplomb ou de ridiculiser illusions, croyances et mots d’ordre religieux avant d’affirmer la possibilité de connaissance de l’inintelligible quand on se détache  des crédulités défensives enkystées dans les délires collectifs et les soumissions paresseuses.

Jean-Marie Broucaret - Cliché Cagliari

Jean-Marie Broucaret – Cliché Cagliari

Le public a ri avec Freud quand  il met  en doute le commandement chrétien « Tu aimeras  ton prochain comme toi-même »  qui selon Freud Sigmund aurait pu être mis en pratique plus facilement s’il disait «  aime ton prochain comme il t’aime lui-même » mais deviendrait de moins en moins accepté aujourd’hui comme hier s’il disait  « aime tes ennemis ». L’auditoire  a écouté jusqu’au bout avec une gravité de plus en plus silencieuse quand les échanges et les alternances de parole des deux lecteurs se sont précipitées et que le pessimisme des deux Freud s’est rejoint pour le constat impitoyable de l’inéluctabilité de la force des pulsions de mort et les évidences du détournement de l’énergie de l’Eros dans la violence contre l’autre et contre soi.. Les analogies ambigües du processus du développement de  l’individu et de la culture et la beauté esthétique des constructions et des mythes de la recherche psychanalytique ne devenaient finalement rassurantes que pour des optimistes intemporels. Heureusement le dialogue avec Freud mis en scène par les médiateurs du Théâtre des Ateliers reste ouvert[2]

                                                                                                              (Michel Morin, 11 novembre 2016)

[1] « Aucun ouvrage ne m’a donné comme celui-ci  l’impression aussi vive de dire ce que tout le monde sait, et d’user de papier et d’encre et par suite, de mobiliser typographes et imprimeurs  pour raconter des choses qui , à proprement parler vont de soi » ( (p70  ed. PUF,  1971)

[2] pour accéder aux enregistrements des textes et événements présentés au Théâtre des Ateliers voir WWW.theatre-des-ateliers-aix.com

Fin de lecture.... Cliché Cagliari

Fin de lecture…. Cliché Cagliari

31
Août

Veille Théâtrale Henning Mankell

invit mankell FdLLes Chaussures italiennes d’Henning Mankell

Lecture intégrale dans le cadre de la Fête du Livre

Samedi 10 Octobre à partir de 20h30

Avec Agathe Rouiller  et Alain Simon

 

Sans doute son expérience d’auteur de romans policiers avec les enquêtes du renommé commissaire Kurt Wallander a-t-elle donné à Henning Mankell ce formidable talent de créer le suspense et son texte  Les chaussures italiennes  n’en est pas exempt. Ce savoir-faire donne une telle force à ce récit qu’il est difficile de poser le livre sans le lire d’une traite. Aussi nous recommandons à ceux qui voudraient assister à cette lecture de venir dès son début.

L’histoire se passe dans une île de la Baltique où, avec  pour seule compagnie un chien et un chat, Fredrik Wellin vit reclus depuis une décennie avec comme unique visiteur celle du facteur de l’archipel. Mais un jour…

A cause de notre tropisme méditerranéen, les paysages de la Baltique, nous semblent ici encore plus exotiques que le Sahara. Ce sont aussi les paysages mentaux de pays enfouis que ce texte réactive et nous restitue comme un patrimoine familier.

Avec  Agathe Rouillier nous avons lu  ensemble l’intégrale de En Crabe   au cours de la Fête du Livre consacrée à Günter Grass. Je suis heureux de la retrouver pour cette lecture des Chaussures italiennes à l’occasion de cette 32e Fête du Livre consacrée à Henning Mankell. En proposant depuis plusieurs années ces lectures au Théâtre des Ateliers, nous ne voulons pas nous éloigner de l’épicentre chaleureux de l’amphithéâtre de la Verrière au moment de la Fête du Livre, mais affirmer combien l’existence de la littérature et de ses auteurs est importante pour un théâtre implanté comme le nôtre. Et par cette lecture à haute voix, nous ne concurrençons pas l’irremplaçable tête-à-tête du livre avec son lecteur, mais par ce partage dans l’espace public du théâtre, nous tentons de nous adresser à d’autres dimensions de la sensibilité du spectateur. Alain Simon

 Entrée libre , les portes du théâtre resteront ouvertes pour permettre à chacun d ‘assister à la veille selon ses disponibilités, des pauses café seront aménagées pour permettre au public de se désaltérer .

Agathe Rouillier

Agathe Rouillier

Alain Simon

Théatrorama

Header Unit

À l’ombre du Polar, la neige… Si le grand écrivain suédois Henning Mankell nous avait habitué aux polars hantés par son héros solitaire Kurt Wallander, il nous entraîne cette fois dans un périple glacé, dans lequel « Les êtres sont rarement ce qu’on croit qu’ils sont. »

Nous sommes dans un archipel de la mer Baltique, peuplé d’une dizaine de vieux solitaires, chacun reclus sur son îlot. Seul le facteur Jansson fait le lien entre notre héros, Fredrik Wellin, et le reste du monde. Ce dernier garde secret dans son passé de chirurgien la raison de sa solitude forcée. Jusqu’au jour où ce petit morceau de terre glacé et enneigé est perturbé par l’arrivée d’Harriet, abandonnée trente-sept ans plus tôt par Fredrik et atteinte d’une maladie mortelle. Commence alors le long dégel de la forteresse que c’est construit notre héros.

La Traversée des Archipels
Ce long voyage forgé par Henning Mankell, Roi du polar nordique, nous ne le verrons jamais si ce n’est dans la bouche des deux acteurs. Agathe Rouiller et Alain Simon nous font face. Devant eux, deux longues tables blanches et deux livres posés dessus. Derrière eux, sur le mur de fond noir et usé, deux mots écrit à la craie : la neige. Parfois, quelques variations de lumière modifieront la physionomie du plancher couturé et des murs. Et voilà tout pour l’espace. Cette seizième veillée théâtrale organisée par Alain Simon au Théâtre des Ateliers propose la lecture intégrale d’un livre, ici Les Chaussures italiennes d’Henning Mankell, qui nous tiendra éveillé toute la nuit.

C’est Agathe Bouiller qui prend la parole, sans prévenir, et sans nous attendre. Saisis, nous nous asseyons, nous taisons et écoutons. Les deux lecteurs se partagent vivement la parole en échangeant des regards complices ou attentifs, puis se réunissent sur un dialogue, avant de reprendre leur chemin individuel dans le texte. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un des fameux polars d’Henning Mankell, le suspense est réel et un humour bourru et tendre affleure par endroits. Si le roman policier et le meurtre sont, selon les dires de l’auteur, l’occasion d’ausculter intimement l’âme humaine, nous suivons au plus près dans ce roman plus classique, les pensées parfois contradictoires du héros. Nous sommes littéralement dans son esprit, sans hauteur ni jugement. C’est avec son regard que nous découvrons le monde extérieur qui fait intrusion dans son refuge solitaire. Le spectateur est invité par cette lecture complète du livre à travailler une patience du texte, une endurance. La fatigue le traverse comme elle traverse le corps des acteurs, qui tiennent pourtant bon, avec vivacité et attention. Quelques pauses, signalées par une musique incongrue diffusée par un petit dictaphone posé sur la table, nous permettent de reprendre des forces autour d’un gâteau et d’un café bienfaisant.

Les insomniaques se souviennent bien de cette voix réconfortante de la radio qui, entre somnolence et veille, nous porte jusqu’au petit matin. Mais ici, nous ne sommes pas seuls et la voix à un visage, deux visages. Comme le héros d’Henning Mankell lutte contre la solitude en creusant tous les jours à la hache un trou dans la glace pour se plonger dans l’eau glacée, nous plongeons dans la salle noire du Théâtre des Ateliers pour mettre en commun l’exercice solitaire de la lecture, qui devient alors un voyage imaginaire partagé. Et, selon les mots d’Alain Simon, « Comme pour Shéhérazade, la parole tout le temps que dure la nuit repousse la tragique échéance. L’acteur est un veilleur dans la cité. Même ceux qui ne vont pas au théâtre sont concernés par le fait qu’il est un lieu du jeu où des textes sont dits à haute voix, la haute voix du théâtre qui rend la chose dite incontournable ». Et peut-être connaître le sentiment intime de l’absence de l’auteur qui aurait dû être avec nous à Aix-en-Provence pour le festival qui lui était consacré, si son décès ne l’avait enfoui, le 5 octobre dernier, définitivement dans la glace. Au revoir, Henning Mankell et merci.

Les Chaussures italiennes
De Henning Mankell
Avec Agathe Rouiller et Alain Simon
Mise en scène : Alain SimonVu au Théâtre des Ateliers / Aix-en-Provence
Pour connaître les dates de tournée : le site de la Compagnie

 

 

 

 

26
Sep

Lettres à un jeune romancier de Mario Vargas Llosa

Samedi 18 octobre à partir de 20h30 : Veille Théâtrale dans le cadre de la Fête du Livre :

 

Lecture intégrale de Lettres à un jeune romancier de Mario Vargas Llosa

Avec Jean Marie Broucaret et Alain Simon
Pour permettre à chacun de rejoindre la veille selon ses possibilités, les portes du Théâtre resteront ouvertes et des pauses seront ménagées pour se restaurer.
Entrée libre

Pourquoi, pour un comédien, lire à haute voix de la littérature est-il un enjeu aussi intimidant ? Sans doute parce qu’il prête une voix, un corps à ce personnage névralgique qu’est le narrateur. Dans ses Lettres à un jeune romancier Mario Vargas Llosa écrit que Le narrateur est le personnage le plus important de tous les romans (sans exception), et dont dépendent, d’une certaine façon, tous les autres. Le narrateur est toujours un personnage inventé, un être de fiction, à l’égal de tous les autres, ceux à qui il « raconte », mais plus important qu’eux, car de sa façon d’agir en se montrant ou en se cachant, en s’attardant ou en se hâtant, en étant explicite ou allusif, bavard ou sobre, folâtres ou sérieux- dépend la capacité des personnages à nous persuader de leur vérité ou, au contraire, à apparaître comme des marionnettes, des caricatures.

À travers ces lignes, j’ai réalisé pourquoi dans mon travail de lecteur, je donnais d’instinct plus d’attention à la narration qu’aux parties dialoguées.
Avec Jean-Marie Broucaret, nous avons choisis de lire ces Lettres à un jeune romancier parce que Mario Vargas Llosa nous parle de la création, de pourquoi et comment on devient écrivain. Il nous fait voyager dans toute la littérature qu’il aime, évoquant des auteurs qui pour certains d’entre eux ont d’ailleurs été les invites des Fêtes du Livre de ces dernières années.
En proposant depuis plusieurs années ces lectures au Théâtre des Ateliers, nous ne voulons pas nous éloigner de l’épicentre chaleureux de l’amphithéâtre de la Verrière au moment de la Fête du Livre, mais affirmer combien l’existence de la littérature et de ses auteurs est importante pour un théâtre implanté comme le nôtre. Et en donnant aux mots ce champ de propagation aérien  par la lecture à haute voix, nous ne concurrençons pas l’irremplaçable tête à tête du livre avec son lecteur, mais par le partage dans l’espace public du théâtre,  nous tentons de nous adresser à d’autres dimensions de la sensibilité du spectateur. Alain Simon

Comédiens, metteurs en scène, pédagogues et respectivement directeur artistique du Théâtre des Chimères de Biarritz et du Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence, Jean-Marie Broucaret et Alain Simon sont complices de longue date pour des lectures souvent données dans le cadre  des Écritures Croisées et des Fêtes du Livre, lors de Veilles théâtrales ou de lectures-performances comme l’ont été à Aix-en-Provence et à Bayonne Vers une intégrale de Don Quichotte en 1999 et la lecture intégrale de Cent ans de solitude en 2013. Jean-Marie Broucaret, qui est aussi directeur du Festival de Théâtre Franco ibérique et Latino  américain de Bayonne qu’il a fondé en 1980, rejoint avec ces Lettres à un jeune romancier Alain Simon pour leur sixième Veille Théâtrale à lire ensemble.

Production du Théâtre des Ateliers en partenariat avec Les Écritures Croisées

9
Déc

Veille Théâtrale : cent ans de solitude

Veille Théâtrale : Cent ans de solitude

de Gabriel Garcia- Marquez

avec Jean-Marie Broucaret et Alain Simon


Il n’y avait dans le cœur d’un Buendia nul mystère qu’elle ne put pénétrer, dans la mesure où un siècle de cartes et d’expériences lui avait appris que l’histoire n’était qu’un engrenage d’inévitables répétitions, une roue tournante qui aurait continué à faire des tours jusqu’à l’éternité, n’eut été l’usure progressive de son axe.

La lecture de ce texte est bien dans l’esprit des Veilles théâtrales telles que nous les avons voulues : à la fois visite d’une œuvre universelle, (comme on découvre un pays dont on nous a beaucoup parlé et que se mélangent alors sa réputation et la rencontre concrète avec lui.) et champ de la parole limite avec l’excès, la longueur, l’usure, l’exhaustivité, et en définitive la performance partagée des lecteurs et des spectateurs.

Pour préparer cette lecture, qui sera également donnée au Festival de Bayonne, nous sommes allés à San Sébastien en Espagne à l’hôtel des Bahia où pendant trois jours nous avons lu et découpé ce récit qui, comme le dit Albert Bensoussan dans sa préface, est une prophétie qui se révèle progressivement, une parole épico-lyrique, parodique et grandiose, excessive et fleurie, à la fois hyperbolique et simple, charmante et fascinante et parfois terrifiante… Alain Simon

Gabriel Garcia Marquez donne très rarement l’autorisation de représenter sous forme de lecture ce chef d’œuvre de la littérature mondiale. Pourtant, cette année le Théâtre des Chimères de Bayonne et Théâtre des Ateliers ont obtenu l’autorisation exceptionnelle d’en effectuer la lecture intégrale. Elle a eu lieu une première fois – en deux parties – en octobre dernier lors du festival des Translatines de Bayonne et sera donnée ce samedi 7 décembre au Théâtre des Ateliers, à Aix-en-Provence, dans son intégralité.

Cette lecture durera 18 heures avec des interruptions toutes les heures et demie, soit tous les deux chapitres du livres ! Pour les spectateurs qui entreprendront cette aventure avec les deux lecteurs Jean-Marie Broucaret et Alain Simon, c’est une expérience unique, au sens de qui n’a jamais été fait mais aussi dans le sens de mémorable. Les spectateurs pourront se restaurer à chaque pause grâce aux boissons et collations qui seront servies par l’équipe des Ateliers.

Nous sommes heureux de proposer au public cette treizième Veille Théâtrale, rappelons que la lecture de L’Odyssée organisée dans le cadre de Marseille-Provence 2013 – Capitale européenne de la culture par le Théâtre des Ateliers et la Cité du Livre avait, elle, duré plus de 14 heures; Jean-Marie Broucaret et Alain Simon y étaient accompagnés par plus de 110 lecteurs. Cette fois, ils seront seuls pour lire Cent ans de Solitude mais, ils l’espèrent, avec un public complice pour partager cette immersion inédite dans le réalisme magique du chef d’œuvre de Gabriel Garcia Marquez.

Coproduction Théâtre des Ateliers d’Aix et Festival Les Translatines de Bayonne.

– à Bayonne au Théâtre des Chimères dans le cadre du Festival des Translatines  les samedi 5 et 12 octobre

– au Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence samedi 7 décembre à partir de 15h.

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Alain Simon et Jean-Marie Broucaret

 

 

 

 


Cent ans de solitude : fin d’un chapitre

passage de relai


20
Oct

Lecture de « Au coeur du coeur d’un autre pays »

Dans le cadre de la Fête du Livre et en partenariat avec Les Écritures Croisées

… Je fais partie de ces gens qui font toujours ce que quelqu’un d’autre fait… mais quelques semaines avant. Un poisson dans les mers chaudes. Pas de maison comme abri… Mais un  lit de maison en maison et des vêtements froissés sur une seule étagère. Je cherche l’amour. E.A

La Fête du Livre n’est pas seulement un moment de faire ce que j’aime, lire à haute voix des textes littéraires, c’est surtout pour moi l’occasion irremplaçable de découvrir un auteur. Et c’est toujours un moment intimidant  quand Annie Terrier en me  tendant un ou deux livres me  dit avec l’autorité de l’enthousiasme : lis ça ! La grande aventure de la  Fête du Livre organisée par les Écritures Croisées est qu’elle concerne  aussi les  artistes qui y participent. Je ne connaissais pas l’œuvre d’Etel Adnan, et la rencontre avec ses mots m’a été immédiatement familière.
En proposant depuis plusieurs années ces lectures au Théâtre des Ateliers, nous ne voulons pas nous éloigner de l’épicentre chaleureux de l’amphithéâtre de la Verrière au moment de la Fête du Livre, mais affirmer combien l’existence de la littérature et de ses auteurs est importante pour un théâtre implanté comme le nôtre. Et en donnant aux mots ce champ de propagation aérien  par la lecture à haute voix, nous ne concurrençons pas l’irremplaçable tête à tête du livre avec son lecteur, mais tentons de nous adresser à d’autres dimensions de la sensibilité du spectateur avec le partage dans l’espace public du théâtre. Alain Simon

Au Théâtre des Ateliers à 20h

Emma Gustavsson et Alain Simon

Emma au tableau

 

Zibeline

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Alain Simon poursuit ses lectures au Théâtre des Ateliers

L’art du lire et du dire

• 19 octobre 2013 •

Alain Simon poursuit ses lectures au Théâtre des Ateliers - Zibeline

Alain Simon au théâtre des Ateliers nous a familiarisés avec les lectures d’œuvres, nous permettant ainsi de redécouvrir ou de découvrir des textes, comme ce fut le cas pour la lecture de l’ouvrage d’Etel Adnan Au cœur du cœur d’un autre pays. En avant-propos, l’acteur et metteur en scène avait expliqué comment le texte de l’auteure invitée par les Écritures croisées, totalement inconnue (Annie Terrier a le secret des trouvailles exceptionnelles !), lui était apparu d’emblée familier, avec un rythme correspondant à une respiration. Alain Simon explique aussi avec humour «aujourd’hui, au théâtre on n’a plus le droit au pathos, on ne peut plus dire «je suis amoureux», avec un livre dans les mains, la distanciation nécessaire est là, et l’on peut lire à haute voix, «je suis amoureux», sans s’exposer !». Pour un théâtre qui défend la littérature avec force et persévérance, c’est aussi une reconnaissance que la participation annuelle à la Fête du livre. Alors que la lecture est avant tout un exercice solitaire, l’œuvre lue à haute voix est partagée, devient nôtre et collective à la fois. Alain Simon était accompagné dans cet exercice par Emma Gustavsson, ancienne danseuse de Preljocaj. Les voix se relaient, l’une écrit les têtes de chapitres sur le mur noir de fond, scandant l’œuvre dans ses aller et retours entre New York et Beyrouth. Le  dernier  chapitre, empreint d’urgence, avec le déclenchement de la deuxième guerre du Golfe, est livré en polyphonie, entre l’américain de la version originale et le français de la traduction. La lecture s’emporte, nous entraîne dans un tournoiement exacerbé. Plus tard, lorsque l’on relit, ou plutôt lorsque l’on va vers le texte en simple lecteur, on retrouve ce ton, cette voix que les deux acteurs ont si bien fait sentir. Bravo !

MARYVONNE COLOMBANI
Novembre 2013

Photo : Emma-Gustavssonn-et-Alain-Simon-c-X-D.R