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Prochaines manifestations


Le Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence propose  « Théâtre en été »

un atelier public de sensibilisation aux propositions du théâtre contemporain du Festival d’Avignon. du samedi 7 au mardi 10 juillet 2018

Dans sa volonté permanente d’associer les spectateurs à une réflexion sur le théâtre contemporain, le Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence propose du samedi 7 au mardi 10 juillet 2018 « Théâtre en été », atelier pratique et théorique dirigé par Alain Simon*, autour de spectacles choisis dans la programmation du Festival d’Avignon.Le principe de cet atelier est de déterminer et d’expérimenter à partir de spectacles vus en commun la place faite au texte sur le plateau, les codes de jeu, les filiations théâtrales, la singularité des artistes, les enjeux esthétiques et la conception du travail de l’acteur mobilisés à l’occasion de ces mises en scène.

Ces quatre jours prolongent les Ateliers publics qui ont lieu tout au long de l’année et qui répondent à la volonté du Théâtre des Ateliers de permettre au public d’accéder à des espaces de pratique théâtrale, de réflexion critique et de connaissance du théâtre contemporain et de ses auteurs.L’atelier du 7 au10 juillet se déroule au Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence et au Festival d’Avignon où les spectacles sont présentés. Le prix de l’atelier comporte l’achat des places auprès du festival et les frais administratifs.

 Les participants se rendent à Avignon par leurs propres moyens (en co-voiturage – signaler à l’inscription si l’on a ou non une voiture à disposition).

Prix pour 4 spectacles : 118 €,  Étudiants  de plus de 26 ans, titulaires du RSA : 70 €  moins de 26 ans : 45 € (justificatif demandé à l’entrée par le Festival) .Carte d’Adhésion 2017-2018 obligatoire : 45 € 

Programme

samedi 7  juillet :

            – Atelier pratique et théorique de 13h à 15h30 au Théâtre des Ateliers

            – 18h : La reprise – Théâtre, m. en scène Milo Rau,  texte Milo Rau et écriture collective, Gymnase Aubanel, 2h

dimanche 8 juillet :

            – Atelier pratique et théorique de 13h00 à 15h00 au Théâtre des Ateliers.

            – 18h : Summerless – Théâtre, texte et m. en scène Amir Reza Koohestani (Iran),  La Charteuse de Villeneuve, 1h15

            – 22h : Trans (Més Enllà) Théâtre m. en scène Didier Ruiz,  Gymnase Mistral, 1h30

lundi 9 juillet

          – Atelier pratique et théorique de 17h à 19h au Théâtre des Ateliers.

         – 21h 30 : Thyeste – Texte de Sénèque, m. en scène Thomas Jolly . Cour d’honneur – 2h30

 Mardi 10 juillet :

           –  Atelier pratique et théorique et bilan du travail de 11h30  à 13h30 au Théâtre des Ateliers


La Reprise

La Reprise – Histoire(s) du théâtre (I) de Milo Rau témoigne à nouveau du désir du metteur en scène suisse allemand d’interroger les possibilités du théâtre face au réel. Née d’un travail collectif après un fait divers d’une rare violence (le meurtre d’un homosexuel à Liège en 2012 par un groupe de jeunes hommes), la pièce de Milo Rau raconte la naissance d’une tragédie contemporaine. Et prend le spectateur à partie sur la représentation d’un drame, et les questions qui en découlent : Comment faire exister une victime sur scène ? Comment se confronter à l’Histoire ? Comment peut-on représenter la violence sur scène ? Qu’est-ce que l’émotion, la vérité, la présence, l’engagement artistique ? Avec acuité et profondeur, Milo Rau cherche à partir de ces nombreuses pistes de réflexion un art du théâtre essentiel : prendre le réel comme source non pour en créer l’imitation sur scène mais pour que sa représentation « devienne réelle » et permette une véritable catharsis.

Milo Rau : Né en 1977, le Suisse Milo Rau enchaîne depuis quinze ans des pièces performatives et des films avec sa maison de production International Institute of Political Murder. Qu’il traite de la fin des Ceauescu, du génocide rwandais, de la guerre au Congo ou de l’affaire Dutroux, il fait de la scène un lieu d’expérimentation et de questionnement, qui témoigne d’un désir constant de se confronter au réel en considérant l’instant de la représentation comme une catharsis. Il est à partir de la saison 2018/2019 directeur du Théâtre national de Gand en Belgique.

Distribution : Avec Tom Adjibi, Sara De Bosschere, Suzy Cocco, Sébastien Foucault, Fabian Leenders, Johan Leyse.

Conception, et mise en scène Milo Rau. Texte Milo Rau, écriture collective

Dramaturgie Eva-Maria Bertschy, Stefan Bläske, Carmen Hornbostel

Scénographie et costumes Anton Lukas – Lumière Jurgen Kol – Vidéo Maxime Jennes, Dimitri Petrovic

 

Summerless

La surveillante générale d’une école primaire fait appel à son ex-mari, artiste peintre en mal de reconnaissance, pour rénover les façades de son établissement. Il a pour mission de recouvrir, par une vaste fresque, les slogans révolutionnaires qui ornent les murs de la cour de récréation. La tâche est immense et l’envie n’est pas au rendez-vous jusqu’à ce qu’il rencontre une jeune mère qui vient attendre son enfant. Tous les jours, elle arrive en avance et semble ainsi tromper l’ennui et fuir les angoisses dues à son isolement social. La conversation s’engage entre eux dans une atmosphe?re évoluant de façon bien particulie?re. Summerless trouve alors son motif : l’effondrement, celui des murs, de l’éducation, du désir… Bien que familier du théâtre documentaire qu’il a étudié à Manchester, le metteur en scène Amir Reza Koohestani ne parle jamais directement de politique dans son travail. Ses pièces préfèrent emprunter la voix métaphorique chère à la poésie persane pour évoquer un système qui contrôle la vie intime des anonymes qui le subissent…

Amir Reza Koohestani : Né à Chiraz, ville-capitale du sud-ouest de l’Iran, Amir Reza Koohestani vit et travaille à Téhéran. Il se passionne très tôt pour le cinéma et l’écriture (presse, nouvelles, scénarios). À 21 ans, il met en scène sa première pièce mais ne décroche pas l’autorisation de représentation du ministère de la Guidance islamique. Depuis, de créations en créations, il a su imposer son style, celui du renouveau, à la fois poétique et critique, qui rompt avec le naturalisme de la tradition théâtrale iranienne. Amir Reza Koohestani avait présenté Hearing lors de la 70e édition du Festival d’Avignon.

Distribution : Avec Mona Ahmadi, Saeid Changizian et Leyli Rashidi

Texte et mise en scène Amir Reza Koohestani

Scénographie Shahryar Hatami – Vidéo Davoud Sadri et Ali Shirkhodaei – Son Ankido Darash
Costumes Shima Mirhamidi

Assistanat à la mise en scène Mohammad Reza Hosseinzadeh, Mohammad Khaksari

Trans (Més Enllà)

Clara, Sandra, Leyre, Raúl, Ian, Dany et Neus arrivent au plateau et se présentent comme ils sont : des hommes et des femmes, longtemps assignés à un genre, dans un corps vécu comme une prison. Et quand ils s’en échappent enfin, le monde refuse de reconnaître leur véritable apparition. La violence, la rue, les institutions, le harcèlement au travail, la stupeur familiale, ils ont connu… De Barcelone, d’où ils viennent et où Didier Ruiz les a rencontrés, ils se mettent à témoigner. Au gré des épreuves traversées, on ne saurait trop dire si l’important est le chemin ou l’aboutissement. « Leur rencontre m’a obligé à lever le regard », se souvient Didier Ruiz, qui pourtant a l’habitude de révéler des paroles encore rares dans les théâtres. Pour le metteur en scène, TRANS (més enllà) est création et dénonciation, un acte pour changer « une société intolérante qui a oublié de parler d’amour ». Ce second volet d’un diptyque consacré aux invisibles propose autour de la question du genre un début d’entendement à la complexité humaine.

Didier Ruiz : Ouvriers, adolescents, chercheurs, ex-détenus, transgenres : pour Didier Ruiz, rencontrer les acteurs de la société en les impliquant dans ses créations engagées et politiques selon le procédé de « la parole accompagnée » est une préoccupation permanente. Ainsi naissent ses spectacles, de la confiance acquise les uns envers les autres, de la parole libérée qui s’écoute et se propage. Les récits qu’il construit avec et pour autrui ont le caractère politique et sacré de l’acte théâtral : « donner à voir et à entendre une humanité partagée. » Didier Ruiz avait été invité à construire avec de jeunes avignonnais 2014 comme possible lors de la 69e édition du Festival d’Avignon.

Distribution : Avec Neus Asencio Vicente, Clara Palau i Canals, Daniel Ranieri del Hoyo, Raúl Roca Baujardon, Ian de la Rosa, Sandra Soro Mateos, Leyre Tarrason Corominas
Mise en scène Didier Ruiz – Assistanat à la mise en scène Monica Bófill

Collaboration artistique Tomeo Vergés – Scénographie Emmanuelle Debeusscher.
Lumière Maurice Fouilhé –  Musique Adrien Cordier – Animations visuelles élèves des Gobelins l’école de l’image.

Thyeste

L’histoire de ce crime si terrible a semble-t-il fait dévier le soleil de son orbite en l’entendant. Alors qu’Atrée règne en paix sur Mycènes, son jumeau, Thyeste, séduit sa femme et s’empare du bélier d’or. Devant ce double vol, Atrée a la vengeance furieuse et sert à celui qui était son frère la chair de ses enfants en banquet. Parmi les tragédies de Sénèque, celle que Thomas Jolly choisit de présenter est la plus extrême, la plus sauvage et la plus surnaturelle aussi. Les sujets – l’adultère, le vol, l’infanticide et le cannibalisme – sont irreprésentables et les moyens inventés pour les mettre en oeuvre – la douleur, la rage et le néfaste – implacables. Sans doute parce que Thyeste n’est pas la seule victime de cet attentat qui paralyse la pensée… La transformation radicale et subite d’Atrée en monstre est à l’image de l’effondrement de l’ordre du monde. Plus d’équilibre, plus d’harmonie. L’ensemble se fait sous le regard du futur, « une jeunesse impuissante face aux chaos dans lequel elle devra vivre et grandir ». Thyeste est une manière pour Thomas Jolly d’évoquer « le traité d’indulgence mutuelle » que Sénèque proposait déjà à l’humanité il y a quelques milliers d’années.

Thomas Jolly : Enfant du théâtre public, révélé au Festival d’Avignon avec sa version d’Henry VI, et bien connu du public avec le feuilleton théâtral au jardin Ceccano sur l’histoire du Festival pour sa 70e édition, Thomas Jolly est passé, en moins de dix ans, du statut de jeune espoir à celui de metteur en scène d’envergure et populaire. Son approche des grands textes (Shakespeare, Sénèque) joue de la figure du monstre, de la difficulté de représenter l’irreprésentable et des grands formats (forme, durée…). Avec sa troupe, La Piccola Familia, il pense le théâtre comme un art citoyen et cherche toujours dans l’Histoire à interroger le fondement de l’être humain et au-delà de ses organisations.

Sénèque : À la fois philosophe, auteur de tragédies, précepteur puis conseiller de Néron, Sénèque exerce une influence profonde sur la pensée occidentale.  Stoïcien, sa philosophie est censée assurer la consolation et la maîtrise de soi.

Distribution : Avec Damien Avice, Éric Challier, émeline Frémont, Thomas Jolly, Annie Mercier, Charline Porrone, Lamya Regragui, Charlotte Patel (violoncelle), Caroline Pauvert (alto), Emma Lee, Valentin Marinelli (violons), et la Maîtrise populaire de l’Opéra Comique et la Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon

Mise en scène Thomas Jolly – Collaboration artistique Alexandre Dain – Scénographie Thomas Jolly, Christèle Lefèbvre – Assistanat à la mise en scène Samy Zerrouki
Musique Clément Mirguet – Lumière Philippe Berthomé, Antoine Travert
Costumes Sylvette Dequest – Maquillage Élodie Mansuy