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Formation professionnelle du comédien en compagnie : « La compagnie d’entraînement »

 

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Auteur associé à la promotion 2017-2018 : le haïtien Guy Régis Junior

Le Théâtre des Ateliers a créé en 1995 à Aix-en-Provence une compagnie de formation associée, « La compagnie d’entraînement » afin de permettre à dix élèves comédiens de s’insérer dans le milieu artistique professionnel grâce à un travail d’un an de création, d’essais et de recherches en relation avec le public d’un théâtre implanté, en privilégiant le travail en compagnie. Cette formation intensive de 900 heures par an et gratuite s’adresse à des futurs comédiens et s’appuie sur l’expérience acquise par le Théâtre des Ateliers  dans le domaine de la formation depuis plusieurs années. De fréquents rendez-vous avec le public, les échanges des élèves entre eux, l’intervention d’artistes invités pour des séminaires, l’accompagnement théorique et pratique font l’originalité de cette formation. Chaque promotion est associée à un auteur contemporain, et les élèves expérimentent, recherchent, s’entraînent sur son œuvre tout au long de leur formation, et travaillent avec lui au cours d’un séminaire de trois jours en vue de la création en juin d’une de ses œuvres pour 8 représentations.

Directeur artistique et pédagogique : Alain Simon, comédien, metteur en scène, pédagogue, directeur artistique du Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence

Auteur associé à la promotion 2017-2018 : Guy Régis Junior

« En créant cette structure de formation, je tenais au principe d’un fonctionnement de 10 élèves en compagnonnage pendant un an, avec une identité forte, celle de compagnie avec toute la vie collective qu’elle implique. Je trouvais important qu’il y ait un équilibre entre les moments d’auto-formation et de formation car on apprend d’abord en faisant, en se trompant, en hésitant avec les autres. Mais en même temps, il fallait un responsable artistique qui mémorise l’essentiel des parcours, propose les travaux aptes à faire évoluer les élèves, commente les résultats, sans oublier de témoigner de ses propres conceptions et pratiques du théâtre. Différents intervenants plongent les élèves dans leur univers artistique et les amènent à développer leur aptitude à servir le parti pris d’un créateur sans perdre le lien avec leur parcours singulier : c’est important que les élèves soient à la fois sous influence et en même temps « maturent » leur propre point de vue sur le théâtre car il ne s’agit pas seulement de former des comédiens adaptables aux différents metteurs en scène mais surtout de favoriser l’émergence d’acteurs auteurs de leur travail. Apprendre par la pratique, apprendre en se confrontant aux autres, en coopérant avec eux, apprendre à avoir une vision personnelle tout en étant disponible à l’influence, pratiquer l’utopie et l’insérer dans le réel de son métier, être à l’écoute de sa sensibilité, de sa vision, bref respecter ce qui vient de soi et décliner sans cesse cette exigence : être un artiste. » Alain Simon

Les travaux de fin de séminaire

avec Jean-Marie Broucaret, comédien, metteur en scène, directeur artistique du Théâtre des Chimères de Biarritz et du Festival des Translatines.

Jean-Pierre Ryngaert, professeur émérite à l’Institut d’études théâtrale de l’Université Paris 3, intervenant à l’ERAC.

Guy Régis Junior : écrivain haïtien

Syméon Fieulaine : créateur lumière du Théâtre des ateliers, directeur artistique de la compagnie Les faiseurs de pluie, metteur en scène.

Les spectateurs assistent à la partie publique d’un travail qui a lieu sur plusieurs jours. Même si les intervenants et les élèves comédiens de « La compagnie d’entraînement » choisissent l’aspect qu’ils veulent montrer de leur parcours de travail, le public reste privilégié en partageant des moments qui habituellement restent confidentiels. Ceux-ci peuvent prendre l’aspect d’une mini représentation, d’une séance de travail, ou d’une démonstration éclairant une thématique choisie.

Travaux de recherche et d’expérimentation :

Ces présentations de travaux sont sous la responsabilité des élèves de « La compagnie d’entraînement ». La première soirée est consacrée aux théoriciens du théâtre : les élèves choisissent des textes théoriques qui les aident dans leur pratique d’acteur ; ils expérimentent en public les applications sur scène de ces découvertes. La deuxième soirée est consacrée aux écritures scéniques : en considérant le plateau comme la toile du peintre ou comme la page blanche de l’écrivain les élèves comédiens proposent des séquences où ils abordent en même temps espace, textes, sons, déplacements…en faisant l’expérience d’être écrivain scénique. La troisième soirée est consacrée aux travaux de recherche : ils consistent à explorer, à partir de textes de l’auteur associé à la promotion et en sa présence, différents points de vue, expérimentant des partis pris opposés.

Les intervenants artistiques ayant dirigé  des séminaires ou des masterclasses

Christian Benedetti, Jean-Louis Benoît, Pierre Béziers, Jean-Marie Broucaret, Emilio Calcagno, Christian Carrignon, Yann Collette, Laura Desprein, Agnès Dumouchel, Laure Florentin, Emma Gustavsson, Pascale Henry, Catherine Hiegel, de la Comédie française, Israël Horovitz, Valérie Marinese, Jeanne Mathis, Philippe Minyana, Alain Reynaud,  Mohamed Rouabhi, Agathe Rouillier, Jean-Pierre Ryngaert, Guillaume Siard, Jeanne Alcaraz.

Les auteurs associés  :

Les auteurs associés aux promotions depuis 1999-2000

1999-2000 Israël Horovitz, 2000-2001 Philippe Minyana, 2001-2001 Emanuelle delle Piane, 2002-2003 Hubert Colas, 2003-2004 Eugène Durif, 2004-2005 Noëlle Renaude, 2005-2006 François Cervantès, 2006-2007 Daniel Danis, 2007-2008 Rodrigo Garcia, 2008-2009 Pascal Rambert, 20092010 Joël Jouanneau, 2010-2011 Jon Fosse, 2011-2012 Jean-Pierre Siméon, 2012-2013 Dimitris Dimitriadis, 2013-2014 Frédéric Sonntag, 2014-2015 : Michel Deutsch, 2015-2016 : Dieudonné Niangouna,  2016-2017 Alexandra Badea et 2017 -2018 Guy Régis Junior

Renseignements :  04 42 38 10 45  ou 06 23 88 00 16– theatredesateliers@yahoo.fr

« La compagnie d’entraînement » est soutenue par la ville d’Aix-en-Provence, le Conseil général des Bouches-du-Rhône et le Conseil régional PACA. Ses partenaires sont le Ballet Preljocaj,  le Festival d’Art Lyrique, la Cité du Livre, les ATP d’Aix-en-Provence,.

 

CALENDRIER DES PRÉSENTATIONS PUBLIQUES (en cours d’élaboration)

Les travaux de recherche et d’expérimentation

Ces présentations de travaux sont sous la responsabilité des élèves de « La compagnie d’entraînement ».

Les monologues de travail : à partir de textes de l’auteur associé ces monologues de travail servent de banc d’essai dans les exercices pédagogiques et peuvent donc être expérimentés en fonction de différents axes de travail.

Les théoriciens du théâtre : à partir de textes théoriques qui les aident dans leur pratique d’acteur, les élèves comédiens expérimentent en public les applications sur scène de ces découvertes.

Les propositions chorégraphiques seront présentées par les élèves en amont d’un séminaire au Pavillon Noir, dans le cadre du partenariat entre « La compagnie d’entraînement » et Le Ballet Preljocaj.

Les monologues écrits par les élèves pour un de leurs camarades

Les écritures scéniques : en considérant le plateau comme la toile du peintre ou comme la page blanche de l’écrivain, les élèves comédiens proposent des séquences où ils abordent en même temps espace, textes, sons, déplacements, en faisant l’expérience d’être écrivain scénique.   jeudi 8 février à 19h

Les plans séquences : chaque élève réalise cinq minutes de film sans montage. Ces travaux sont un rendez-vous entre le cinéma et le théâtre parce que les solutions à trouver pour filmer sans recours au montage sont transposables au théâtre.

Les travaux de recherche consistent à explorer, à partir de textes de l’auteur associé à la promotion et en sa présence, différents partis pris propres à mettre en valeur plusieurs aspects de son univers.

Présentation des travaux sur la photographie : au cours de cette soirée, chaque élève présente dix photographies d’un de ses camarades de promotion. Prises avec un même appareil, avec la même optique, ces clichés permettent de comparer l’univers de chaque acteur à travers la vision de chaque preneur de vue. Caroline Pelletti-Victor, photographe, commente leurs propositions avec le public.

 

*Les monologues de travail : jeudi 9 novembre  à 19h

        *les monologues des élèves : mardi 28 novembre à 20h30

*Théoriciens du théâtre : jeudi 14 décembre 19h

*Propositions chorégraphiques : vendredi 12  janvier à 19 h

*Écritures scéniques :  jeudi 8 février à 20h30

        * Travaux de recherche sur l’œuvre de Guy Régis Junior : lundi  12 mars à 19h

*Présentation des travaux sur la photographie : jeudi 5 avril à 19h

*Les plans-séquences : jeudi  19 avril  à 19h

Les travaux de fin de séminaire

Les spectateurs assistent à la partie publique d’un travail qui a lieu sur plusieurs jours. Même si les intervenants et les élèves comédiens de « La compagnie d’entraînement » choisissent l’aspect qu’ils veulent montrer de leur parcours de travail, le public reste privilégié en partageant des moments qui habituellement restent confidentiels. Ces travaux peuvent prendre l’aspect d’une mini représentation, d’une séance de travail, ou d’une démonstration éclairant une thématique choisie (voix, corps dans l’espace, lumières…).

Jean-Marie Broucaret : mardi 14 novembre à  20h30

Jean-Pierre Ryngaert : mardi 30 janvier  à 20h30

Ateliers chorégraphiques au Pavillon Noir : vendredi 6 et jeudi 12 avril. Horaires à préciser

Séminaire hors les murs à Chalon, avec Syméon Fieulaine : Le comédien dans la cité, une semaine fin avril début mai, à préciser

 

Création d’un spectacle Jeune public  Lecture plus, un Conte de Hans Christian Andersen : du lundi 23 au vendredi 27 avril à 15h

Création   d’une pièce de Guy Régis Junior, auteur associé, par « La compagnie d’entraînement »

 Après avoir accueilli Israël Horovitz, Philippe Minyana, Emanuele delle Piane, Hubert Colas, Eugène Durif, Noëlle Renaude, François Cervantès, Daniel Danis, Rodrigo Garcia, Pascal Rambert, Joël Jouanneau, Jon Fosse, Jean Pierre Siméon, Dimitris Dimitriadis, Frédéric Sonntag, Michel Deutsch, Dieudonné Niangouna et Alexandra Badea, le Théâtre des Ateliers propose à Guy Régis Junior d’être l’auteur associé à la promotion 2017-2018 de «  La compagnie d’entraînement ». Après un travail de recherche sur ses textes présenté au public en sa présence, les élèves comédiens suivent un séminaire de trois jours avec elle et choisissent le texte qu’ils créeront en juin sous la direction artistique et pédagogique d’Alain Simon. Le nombre de représentations, sept au total, permet aux élèves comédiens de maîtriser tous les aspects de la mise en scène et de mesurer comment un spectacle évolue au cours des représentations.

Du vendredi 8 au samedi 9 et du mercredi 13 au samedi 17 juin à 20h30, dimanche 10 à 18h

 

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 Archives des Étonnants Voyageurs,                                   Festival international du livre et du film 2017

Les invités

REGIS Guy-Junior

Haïti

Né en 1974 à Port-au-Prince, diplômé d’anthropologie et de psychologie Guy-Junior Régis est tout à la fois écrivain, dramaturge, poète, traducteur. metteur en scène, comédien, réalisateur et vidéaste. Il a fondé et anime la célèbre compagnie haïtienne Nous Théâtre en 2001. Très tôt remarqué pour l’audacieuse radicalité des formes et du langage de son théâtre il a joué un peu partout en Europe : au Centre Georges Pompidou à Paris, au Tarmac de la Villette, au Théâtre National de Belgique, au Festival International de Liège, aux Francophonies en Limousin… et ailleurs dans le monde comme au Vénézuela, aux Etats-Unis, au Congo.
Lauréat du Prix international de poésie Jean Brierre en 2000, il a également réalisé deux courts-métrages expérimentaux en 2002 : Blackout et Pays sauve qui peut. Il signe en 2009 la traduction en créole de L’étranger d’Albert Camus.
Titulaire de plusieurs bourses d’écriture, il partage son expérience de l’écrit en animant des ateliers à travers le monde.
Le Père, premier texte d’une trilogie en cours d’écriture (Le Père, Le Fils, La Mère) sur la famille et sur ces familles haïtiennes qui ne jurent que par le départ vers les États-Unis, a reçu le Prix Beaumarchais / Etc Caraïbe du meilleur texte francophone en 2009.
Pour la saison 2011-2012, Guy Régis Jr est en résidence au théâtre de l’Echangeur à Bagnolet (résidence soutenue par le Conseil Régional d’Île de France), où il poursuit son ambitieuse traduction en créole de l’œuvre de Marcel Proust A la recherche du temps perdu.
Il signe en 2011 un roman aux éditions Vents d’Ailleurs, Ida, un chant ininterrompu, sensible, tout de voix et d’échos, qui fait une peinture hallucinée de son tiers d’île, où l’homme, entraîné dans une spirale d’autodestruction, s’avère être le fossoyeur de ses propres utopies.

Il est actuellement directeur du département théâtre à l’École Nationale des Arts-ENARTS à Port au Prince. Depuis 2014, il a pris la direction du Festival des 4 Chemins à Port-au-Prince dont la 13e édition s’est déroulé du 21 novembre au 3 décembre 2016.

Il revient en 2017 avec Une enfance haïtienne, un recueil de récits d’enfance d’auteurs contemporains comme lui originaires d’Haïti. Parmi eux, Auguste Bonel, Syto Cavé, Louis-Philippe Dalembert, Kermonde Lovely Fifi, Yanick Lahens, Kettly Mars et Emmelie Prophète, ils livrent tour à tour, la genèse de leurs blessures d’adultes.


Bibliographie :

Receuil :
- Une enfance haïtienne

Théâtre :
- De toute la terre le grand effarement, (théâtre) ed. Les Solitaires intempestifs, 2011, traduit en portugais (Brésil)
- Noire nuit, théâtre, 2010, traduit en portugais (Brésil)
- Le Père (Lansman Editeur, 2009) Prix ETC Beaumarchais du meilleur texte francophone 2009 (Editions Les Solitaires intempestifs, mars 2011)

- Moi, fardeau inhérent (L’arche éditeur, 2009)
- La Mort de soi dans sa longue robe de mariée (L’arche éditeur, 2009)
- Bethsabée (L’arche éditeur, 2009)
- Les Beaux Voleurs, théâtre, (2006) 2009
- Mourir tendre (L’arche éditeur, 2008) (Les Solitaires intempestifs, 2013)
- Haï, honni, détesté, lu au Tarmac de la Villette à Paris, en novembre 2007 (inédit)
- Ida, monologue déchet (Rivarticollection, 2006) (Extrait publié dans la revue Riveneuve (Marseille), 2006)
- Cendres et Roses, théâtre, 2006 (inédit)
- Le Sable et la mer (L’arche éditeur, 2005)
- Service Violence Série (L’arche éditeur, 2005)
- Dors, dors, calme ma blessure (2005, inédit).

Poésie :
- Zanmzèl (2005, inédit)
- Le Temps des carnassiers (2000, inédit) Deuxième prix Jean Brierre de poésie (Dakar/Port-au-Prince).

Fiction :
- Ida (Roman, Vents d’ailleurs, 2013)
- Le Trophée des capitaux (Vents d’ailleurs, 2011).
- Le Trophée des capitaux (2006, inédit)
- Incessants, 2007 (Editions Les Solitaires intempestifs, 2011)

Traduction et adaptation :

- Etranje ! traduction de L’Etranger de Albert Camus en créole haïtien (inédit).
- Dezafi de Frankétienne, adapté au théâtre, écrit en résidence d’écriture (janvier-mars 2006) au Tarmac de la Villette. Pièce qui sera représentée en saison 2008 avec le collectif NOUS Théâtre.

Interprétations et mises en scène :

- Délire à deux de Eugène Ionesco, interprétation, mise en scène de Antoine Peugeot, Port-au-Prince ; 1997.
- Les dits du fou de l’île de Lyonel Trouillot ; interprétation, mise en scène de Antoine Peugeot, Port-au-Prince, Jacmel ; 1998.
- Les tambours du soleil de René Philoctète ; interprétation et mise en scène en collaboration avec Faubert Bolivar Port-au-Prince, Gonaïves, Cap-Haïtien, Cayes ; 1999, 2000.
- Bobomasouri de Franketienne ; interprétation et mise en scène Port-au-Prince ; 2001, 2002.
- Service Violence Série, Port-au-Prince, Santo Domingo, Liège, Limoges, Hesdin, Bruxelles ; 2003, 2004, 2005…
-  Monsieur Bonhomme et les incendiaires de Max Frisch ; mise en scène en collaboration avec Lorrainne Mangonès, (Festival Quatre chemins) 2005.
- Voisins complices, (acteur), mise en scène de Syto Cavé ; (Barcelone) 2004.
- Jeux de parenthèses (acteur), mise en scène de Syto Cavé ; (Port-au-Prince, Jérémie) 2005.
- Allah n’est pas obligé, d’Ahmadou Kourouma. Lecture publique à la Fokal (Port-au-Prince), juin 2006.
- Nous ne leur pardonnerons pas, mise en scène avec les poèmes de Jacques Roumain. Au Champs de Mars et à la Fokal (Port-au-Prince), mars-mai 2007.
- Amour, colère et folie, de Marie Chauvet, à la Fokal (Port-au-Prince), juillet 2007.
- Moi, fardeau inhérent (texte et mise en scène), Tarmac de la Villette du 25 mai au 5 juin 2010.

Filmographie :

Réalisateur :
- Blackout (réalisation et scénario de Guy Junior Régis, 2002, 3 min)
- Pays sauve qui peut (réalisation et scénario de Guy Junior Régis (adaptation du Temps des carnassiers), 2002, 12 min)

Acteur :
- Cité Jeanne (réalisation de Rachelle Magloire, 2006, 25 min)
- Rara (réalisation de Guillaume Pradère-Niquet, 2003, 52 min)


A propos de La Mort de soi dans sa longue robe de mariée

« J’écris rarement pour raconter une histoire. J’avoue me soumettre à l’écriture comme on se plie à un narcotique. C’est au bout de l’expérience que je sais ce que j’ai vécu – ce que je me suis laissé vivre. A chaque fois, la même pulsion vers la médication. A chaque fois, un même plaisir de m’être laissé surprendre.

Si résumé de La Mort de soi dans sa longue robe de mariée il y a, ce serait donc sans nulle prétention d’abréger, encore moins de mystifier, ceci : « Un homme est terrassé par le deuil. Il est hanté par nombre de démons. Par lui-même en premier et par des esprits. Dans des songes ou carrément dans la réalité, ces démons le condamnent pour avoir accepté de se marier avec une jeune femme et ainsi causé sa mort. »
Il y a, dans ces lignes, pour moi, et je crains que l’on dira que je tente de revenir à une pensée longuement éprouvée, l’indispensable superposition de ces deux pulsions dont parlait Freud, Eros et Thanatos. C’est de cette dualité originelle et aussi de sa similitude avec certains mystères non révélés du vaudou que j’ai puisé mon sujet.

Ce qui pour moi était essentiel, c’est la tourmente, l’impossible calme non idoine au désir et son croisement inévitable et fatal avec l’élément de sa fin. Le cycle cruel dont parle Artaud : Création/Destruction. Il est aussi à espérer, car cela aussi fait partie de ce que j’ai espéré écrire en me laissant écrire, que cette pièce, même si elle le fait en filigrane, arrive à dévoiler l’existence (ou l’agonie) d’un endroit de la terre, d’une ville, d’un pays. Quel qu’il soit, la désignation de ce lieu importe peu.
Car les coins de terre qui nous habitent sont des parts de vie dont on ne se séparera jamais ». Guy Régis Jr,  in Pôle documentaire des Francophonies en Limousin