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Articles de la catégorie ‘Rencontres auteurs metteurs en scène 2013-2014’

20
Mar

Rencontre Frédéric Sonntag, l’Esprit du théâtre

Mardi 18 mars à 18h30, Le Théâtre des Ateliers accueillait la rencontre avec l’auteur et metteur en scène Frédéric Sonntag, organisée par les ATP dans le cadre de L’Esprit du théâtre. Les Amis du Théâtre Populaire ont en effet souhaité développer l’Esprit du théâtre. Il s’agit de préparer, poursuivre ou déployer les moments de rencontre, aborder avec les spectateurs et le public les sens et les échos des créations présentées.  La rencontre avait lieu avant la deuxième représentation aux Ateliers de George Kaplan dont la première avait eu lieu la veille. L’auteur , interrogé par Nicole Chamboisier sur ce qui l’avait conduit à écrire cette pièce, a pu parler de ses sources d’inspiration et en particulier le film Hitchcock La mort aux trousses, avec le personnage de George Kaplan qui en fait n’existe pas. Les fantômes intéressent Sonntag. Il aime aussi pour ses pièces une architecture : ici la pièce est composée de trois séquences, à la fois distinctes, ce ne sont plus les mêmes personnages, et semblables parce qu’il s’agit toujours d’une réunion ; la première celle d’un groupe d’activistes, la seconde d’un groupe de producteurs à Hollywood, la dernière, d’une réunion de dirigeants du monde. Enfin, la théorie du complot est toujours présente dans ses textes.  Avant la rencontre avec le public, Alain Simon a pu présenter à Frédéric Sonntag les élèves comédiens de la promotion 2013-2014 dont il est justement l’auteur associé. C’est la première fois qu’une promotion de « La compagnie d’entraînement » peut voir dans son théâtre une pièce de l’auteur auquel elle est associée, avant de travailler avec lui en séminaire au mois d’avril. A cause du décor installé dans la salle pour la représentation du soir, la rencontre avait lieu dans le hall du Théâtre qui accueillait sur les gradins et sur les fauteuils en cercle autour de l’auteur une quarantaine de personnes.

 

Frédéric Sonntag interrogé par Nicole Chamboisier, et 4 élèves comédiens

Une partie du public et les autres élèves comédiens

14
Fév

Rencontre Stanislas Nordey

 

Lundi 10 février à 20h, le Théâtre des Ateliers accueillait une rencontre organisée par les ATP avec Stanislas Nordey autour du Living Theatre, à l’occasion de sa mise en scène de Living ! jouée au Théâtre de Cavaillon les 13 et 14 février. Avant la rencontre, les élèves de « La compagnie d’entraînement » accueillaient les spectateurs par une performance sur le living theatre, pendant qu’étaient projetées en fond de scène des photos tirées des documents du Living Theatre.

Performance Living des élèves comédiens

 » Sur les 20 minutes d’entrée, l’expérience s’est avérée troublante pour chacun d’entre nous, autant que pour le public. Par la reproduction d’un exercice de Julian Beck et de Judith Malina au plateau, nous nous sommes placés sur une tentative de FAIRE du Living, entrecoupée également par de la lecture de textes. Loin d’obtenir l’effet escompté (circulation des spectateurs d’un groupe d’acteur à l’autre, interaction forte entre les deux), la salle rentrait tranquillement s’asseoir, et attendait le début de la conférence, en observant d’un air interrogateur l’agitation se déroulant aux alentours. Loin d’une interaction, c’est une « ambiance » qui s’est créée, qui se révéla être pour nous particulièrement intéressante (volonté de lutter contre le public, attachement à tenir notre ligne jusqu’au bout). David Soriano

Stanislas Nordey et Arlette Masson

A 20h, devant la salle comble des Ateliers, Arlette Masson faisait une présentation tout à fait remarquable de Stanislas Nordey et du Living Theatre, et introduisait le débat sur l’importance qu’avait eu ce mouvement, et en particulier l’influence qu’avaient exercé les théories de Julian Beck et Judith Malina sur l’action de Stanislas Nordey à la tête du Théâtre Gérard Philippe de Saint Denis. Stanislas Nordey parlait ensuite des difficultés qu’avaient rencontrées Judith Malina et Julian Beck à faire reconnaître leur mouvement, en particulier auprès des grands metteurs en scène de la génération des Jean-Pierre Vincent et Patrice Chéreau, alors que toute leur vie avait été consacrée à vouloir faire du théâtre un art pour le public, et pour le public populaire. Car « c’est la question du public qui obsède le Living, c’est le centre de leur quête et de leur différentes métamorphoses, de la rencontre de Judith et de Julian à New-York en 1943 jusqu’à leurs pérégrinations récentes très loin des chemins institutionnels qui sont le témoignage de cette inquiétude active première : Qui va au théâtre et qui n’y va pas ? Comment briser les barrières ? ». Stanislas Nordey expliquait qu’il avait voulu quitter Nanterre, où ne venait que le public très bourgeois de Paris, pour Saint-Denis, et faire du Théâtre Gérard Philippe un théâtre pour les habitants de Saint-Denis, contactés au porte à porte, invités à des journées entières de dimanche avec repas, rencontres, spectacles. Comment il avait supprimé toutes les invitations aux critiques, aux institutionnels et aux notables, « tout le monde paye, et même ma mère »- et même la ministre ! Et comment cette expérience avait été profitable malgré les énormes difficultés financières. Avec des comédiens issus de la VIIème promotion de l’ESAD du Théâtre National de Bretagne, Stanislas Nordey a choisi de mettre en scène des textes de Julian Beck et de Judith Malina, Living ! « Les mots du Living Theater transpercent, dérangent, réveillent. C’est une parole pourtant cachée, presue censurée : les textes sont introuvables, pas réédités. Nous nous en emparons donc pour composer un spectacle, nous l’espérons vigoureux, éclairé, avec une vitalité désespérée pour reprendre une célèbre formule de Pier Paolo Pasolini ». St. N.

Il faut saluer la grande générosité du comédien qui a accepté de consacrer plus de deux heures passionnantes à parler du Living theatre et à répondre aux nombreuses questions des auditeurs.

Rencontre Nordey : les élèves comédiens entourent St. Nordey et A. Masson sur le plateau