TRiiiO, Fritz, Félix et Piola
Nous sommes heureux d’accueillir au Théâtre des Ateliers TRiiiO, création 2016 des Nouveaux Nez & Cie au festival d’Alba la Romaine en juillet dernier, mis en scène par Alain Simon et actuellement en tournée.
Dans le cirque, les clowns, on les attend, ils arrivent entre deux numéros, s’imposant avant d’être chassés. Paradoxe, on n’attend qu’eux, mais ils sont de trop. Leur temps de présence sur la piste est toujours du temps volé au temps de la représentation des numéros, des jongleurs, des avaleurs de sabres, des acrobates, des dresseurs d’éléphant, de tigres, de chiens… Et le premier challenge de ce travail avec les trois clowns Fritz, Piola et Félix, fut celui d’un travail exclusif sans autre numéro. Le deuxième challenge était qu’ils devaient surtout jouer dans des théâtres sans chapiteau, et sans la toile du chapiteau, sans la piste, les clowns sont alors comme des campeurs qui quitteraient leurs tentes pour aller s’installer dans des hôtels prestigieux. Et en plus, il faut qu’ils tiennent une heure quinze, en étant des invités et non des passagers clandestins. Comme des nomades devenus soudain sédentaires, on leur impose des règles qui ne sont pas dans leurs traditions et on les encourage à raconter une histoire avec un début et une fin.
Nous avons pourtant choisi, pendant cette durée d’une heure quinze, de garder ce statut des clowns de piste qui s’invitent sur scène où il est bien prévu qu’ils fassent un spectacle, mais ils ne sont sûrs ni de l’heure, ni du lieu. Peut-être même que ce ne sont pas eux qui doivent jouer. Mais c’est trop long d’attendre, ils veulent que le spectacle soit court, car ils ont entendu qu’il y aurait un vin d’honneur à l’issue de la représentation, et la perspective de ce vin d’honneur devient l’enjeu essentiel de deux des protagonistes, Piola et Fritz. Félix, lui, il est bien élevé, et cela lui dirait bien de jouer et de faire un vrai spectacle, avec des numéros et de la lumière et de l’ordre… Alain Simon
Mise en scène et écriture : Alain Simon, assisté de Gilles Jolly / Responsables artistiques : Alain Reynaud et Heinzi Lorenzen / Jeu et écriture : Alain Reynaud, Heinzi Lorenzen et Gabriel Chamé Buendia / Écriture des numéros clownesques : Ami Hattab Lumière : Pascal Chassan – costumes Patricia de Petiville – Accessoires : Marie-O Roux assistée de Margot Van Haelst
Tarif 15€, adh. étud. 11 €, Pass’Art 7 € – rés. 04 42 38 10 45 – theatredesateliers @yahoo.fr
Trois clowns, trois approches réunies : française, sud américaine, anglo-saxonne… Quatre langages différents : français, allemand, espagnol, anglais… Alain Reynaud, Heinzi Lorenzen et Gabriel Chamé Buendia ont tous les trois une expérience du travail du clown différente et très personnelle. Ils ont fréquenté des compagnies aussi diverses que Les Nouveaux Nez, Le Cirque du Soleil et le Footsbarn Travelling Theatre. Depuis plusieurs années, leurs chemins se croisent au plateau autour de cet art. Ils ont aujourd’hui envie de donner vie et forme à un trio clownesque, une forme si difficile à faire naître et surtout à faire durer dans le temps.
« On a affaire à trois belles personnes qui ont chacune un univers fort. Ces trois univers ne sont pas de façon évidente complémentaires dans ce que pourrait être un trio classique, où les trois personnages se construisent au départ en rapport étroit et concomitant à leur pratique commune de trio. Or, chacun de ces trois clowns a déjà une histoire propre et un parcours qui clairement ne s’est pas construit avec les deux autres ! De fait, ce qui domine dans l’intérêt du trio c’est la rencontre, je dirais le télescopage de ces trois parcours, trois ensembles dont il faut chercher l’intersection ! À ce titre, l’improvisation est nécessaire pour l’approcher et la délimiter. Un autre élément déterminant est le goût commun pour un travail du clown classique, dont l’envie de travailler des numéros est le symptôme. C’est donc une forme de célébration à trois du travail du clown avec, en filigrane sa mythologie, son histoire et son imaginaire. Et dans ces numéros, ce qui me semble le plus intéressant, c’est de revisiter les jeux les plus simples, chapeaux, claques, entrées, etc. Autrement dit, trois clowns à la longue expérience créative qui se font et nous font le plaisir de pratiquer les fondamentaux de leur art ! Mais le plus important pour moi est la rencontre de ces trois corps qui se cherchent, se frottent, interrogent leur univers propre au contact de l’univers des deux autres. Le travail d’improvisation doit essentiellement être consacré à l’exercice de l’invention de la rencontre : ces trois là se cherchent et par cette recherche peuvent nous faire accéder à des atmosphères étonnantes, une poésie, un baroque, proches de ce l’on trouve dans le théâtre contemporain ». Alain Simon.
« Notre passion pour le clown oscille entre la tradition et la création, le populaire et l’expérimental. Nous explorons des nouvelles écritures et des nouvelles confrontations avec le public pour la figure du clown. L’envie est de créer un spectacle dans lequel l’univers très personnel des trois clowns cohabite avec ce qui est, chez des clowns de piste, plus direct et immédiat. Aujourd’hui le rire est presque exclusivement basé sur la blague, la vulgarisation ou l’autodérision. Ça n’engage rien de profond. Le rire que suscite le clown vient du ratage. Il est toujours tragique. Il nous fait penser à nous-mêmes. Avec le clown nous avouons l’imperfection de l’homme ». Félix, Fritz, Piola.
Reprise de Sous le signe du Chien, Monologue 1
Mardi 8 novembre à 20h30 – reprise de Sous le signe du Chien – Monologue 1
Texte et mise en scène Alain Simon – Assistant à la mise en scène Gilles Jolly.
Lumières Syméon Fieulaine -Musique Mickaël Zemmit
Avec Alain Simon et Mickaël Zemmit
Nous avons le plaisir de vous convier à la reprise de la création 2015 du Théâtre des Ateliers Sous le signe du chien – Monologue 1 d’Alain Simon qui en fait la mise en scène et l’interprète avec Mickaël Zemmit, musicien et comédien issu de la promotion 2011-2012 de “La compagnie d’entrainement” du Théâtre des Ateliers. Sous le signe du chien sera donné le 18 novembre à Claix, ville satellite de Grenoble.
Pour cette performance, j’aimerais reprendre à mon compte cette phrase de Dieudonné Niangouna, auteur associé à « La compagnie d’entraînement » 2015-2016 : “je ne viens pas raconter sur scène ce que j’ai écrit. Je viens écrire sur scène ce que je n’ai pas fini sur la page …” Alain Simon
Entrées à 15€, adhérents, étudiants, ATP, 11 €, pass’Arts 7€, réservations 04 42 38 10 45 ou theatredesateliers@yahoo.fr
Production du Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence
Pour écouter le spectacle Sous le signe du Chien enregistré en 2016 : http://youtu.be/_RljrjDikbg
Performance à partir du roman d’Arundhati Roy Le Dieu des Petits Riens
Le Dieu des Petits Riens au Théâtre des Ateliers : quand un livre s’anime
Quand vient l’automne, chaque année à Aix-en-Provence, la fête du Livre s’ouvre sur les lointains, les méconnus ou les trop mal connus de la création du monde contemporain de l’écriture[1]. Cette année l’Inde d’Arundhati Roy a pris la parole. Les auditeurs spectateurs, fidèles ou nouveaux, se sont pressés dans le grand amphithéâtre de la Verrières. Médusés ils ont découvert une femme auteur, belle, pleine d’allant, de vigueur et de joie militante, parlant avec la même aisance de ses fictions et de ses essais, bouleversant pour beaucoup les croyances et les images qu’on admet paresseusement en France comme ailleurs sur le pays, les pays où elle vit et où elle a vécu, évoquant avec simplicité les menaces de mort ou les poursuites judiciaires qui marquent son existence d’écrivain. N’admettant comme inquiétude que celle qu’elle a de ne pas terminer de manière satisfaisante le roman qu’elle entreprend.
Cette année encore ce grand rassemblement ensoleillé en forme de débats, d’animations et d’explicitations s’est prolongé la nuit dans le petit théâtre laboratoire d’Alain Simon.
Le Théâtre des Ateliers de la place Miollis est en effet peu à peu devenu le prolongement naturel et discret de la Fête du Livre. On peut y passer une nuit à lire l’intégrale d’un livre de l’invité de l’année dans une mise en scène ponctuant de musique et d’images le dévoilement d’une œuvre. On peut y entendre se croiser les voix plurielles de lecteurs hommes et de lectrices femmes résonnant sur les murs peints de noir du théâtre. On peut y échanger et s’y restaurer paisiblement dans des pauses conviviales et tranquilles quand la nuit et l’œuvre avancent vers leur terme.
Cette année c’était différent. Alain Simon en annoncier majestueux et massif s’est avancé sur le plateau pour dire qu’il avait choisi de faire dire en performance le « Dieu des Petits Riens » sans livre, sans pupitre et sans lampe de chevet. Le livre des petits riens ne serait pas lu dans son entier. Seraient dits, après avoir été appris par cœur par la comédienne Élyssa Leydet-Brunel, les paysages et les lieux décrits par Arundhati Roy et habités des personnages quelle avait créés. Cela durerait 55 minutes. Alain Simon s’est effacé et sur le plateau nu, une jeune femme seule, sans accessoires aucun, sans costume exotique ni livre à lire, a regardé sans sourciller le public. La lumière s’est éteinte sur les spectateurs et Élyssa a fait apparaître le monde des petits riens. La voix changeante, les gestes sobres et les déplacements de la comédienne, un éclairage discret harmonisé à des situations toujours décrites avec précision par Arundhati Roy ont transporté magiquement les auditeurs spectateurs que nous étions dans l’univers étrange de Rahel, d’Estha et de leur famille. Quand les 55 minutes se sont terminées dans le noir d’un drame inattendu nous sommes restés immobiles et fascinés. Les applaudissements se sont prolongés longtemps. Je redécouvrais que le temps pour moi devenu ennuyeux dans un roman des descriptions et des décors était aussi et encore un plaisir à vivre. Michel Morin (16 octobre 2016)
[1] Annie Terrier , Guy Astic, Liliane Dutrait, (2011) Écritures croisées . Parcours dans les littératures du monde, Editions Rouge Profond.
Création 2015 : Sous le signe du chien- Monologue 1
Sous le signe du chien –Monologue 1
d’Alain Simon
Création 2015 du Théâtre des Ateliers
Écrit selon une méthode d’écriture discontinue dans le propos et ininterrompue dans la forme, Sous le signe du chien – Monologue 1 est une chaîne de mots, évoquant images, pensées, embryon de réflexions philosophiques, fragments de vie, délires, visions, tentatives pour l’auteur-acteur de retrouver l’instantanéité de la pensée, une performance de la parole correspondant à une envie irrésistible d’exhaustivité, en tentant frénétiquement de rendre compte de la densité du réel ! Depuis plusieurs années, Alain Simon poursuit un travail de création autour de la parole limite, celle de Sarah Kane, de Valère Novarina, John Giorno et même de René Descartes avec Le discours de la méthode en slam. Pour cette création, il a demandé à Mickaël Zemmit, musicien et comédien issu de la promotion 2011-2012 de « La compagnie d’entraînement » de l’accompagner sur le plateau,
“Pour cette performance, j’aimerais reprendre à mon compte cette phrase de Dieudonné Niangouna, auteur associé à « La compagnie d’entraînement » : “je ne viens pas raconter sur scène ce que j’ai écrit. Je viens écrire sur scène ce que je n’ai pas fini sur la page” …” Alain Simon
Texte et mise en scène Alain Simon – Assistant à la mise en scène Gilles Jolly
Lumières Syméon Fieulaine
Avec Alain Simon et Mickaël Zemmit
Places à 15 €, adhérents, étudiants, ATP 11€, Pass’art, 7 € – réservations : 04 42 38 10 45 – theatredesateliers@yahoo.fr
Production du Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence
Je cherche à écrire comme mon cerveau pense, par association d’idées. Mes archives personnelles n’y sont pas classées par rubriques comme dans une bibliothèque mais en désordre, reliées entre elles par des fils affectifs ou par le hasard des coïncidences et de la temporalité.
Monologue 1, premier texte d’une série de monologues écrits selon une méthode d’écriture discontinue dans le propos et ininterrompue dans la forme, Monologue 1 est une chaîne de mots, évoquant images, pensées, embryons de réflexion philosophiques, fragments de vie, délires, visions, tentative pour l’auteur-acteur de retrouver l’instantanéité de la pensée. Cette performance de la parole correspond à une envie irrésistible d’exhaustivité en tentant frénétiquement de rendre compte de la densité du réel. Qui trop embrasse mal étreint ! Cette méthode d’écriture dont ce texte rend compte ne décrit-il pas au spectateur son propre fonctionnement, et peut être trouvera t-il son chemin en se perdant dans ses pensées. Depuis plusieurs années, Alain Simon poursuit un travail de création autour de la parole limite. Celle de Sarah kane, de Valère Novarina, John Giorno et même de René Descartes avec Le Discours de la Méthode en slam, performance invitée au Théâtre 140 à Bruxelles en novembre 2014.
Texte envoyé par un specta
teur après la Première de Sous le signe du chien
Qu’est-ce qui pouvait motiver les hommes de la préhistoire à enfouir leur art pariétal au plus profond de la terre, malgré la peur du noir ?
C’est par cette question que commence et s’achève le beau texte qu’a écrit Alain Simon et qu’il interprète, campé sur la scène comme un rockeur avec son blouson et ses lunettes noires. Il est accompagné par Mickaël Zemmit qui soutient intelligemment le texte avec sa guitare sèche, à l’aide d’accords et d’arpèges comme une musique répétitive, et avec sa voix haut perchée qui résonne comme une plainte dans le lointain.
Mais qu’est-ce qui a motivé Alain Simon à écrire ce texte qui fouille dans son passé et dans ses émotions et qu’il nous livre « à cerveau ouvert », malgré le risque de dévoiler l’intime, et à l’interpréter devant nous, malgré le risque de l’impudeur ? Sans doute est-ce la nécessité d’écrire et de fouiller la langue pour traduire les flux de conscience qui nous font passer, au hasard d’un mot, à une idée, un souvenir. Ce long monologue est ainsi comme une mélodie ininterrompue de la vie intérieure où se côtoient les réminiscences heureuses de l’enfance (le grand-père, la maison familiale, les parents, l’école…), les réflexions de l’adulte sur la relation à l’autre, sur la relation au réel, sur l’art (la photo, la peinture), mais aussi la révolte contre la laideur des centres commerciaux !
Paradoxalement il est peu question de théâtre dans ce texte, mais c’est bien de théâtre qu’il s’agit : le théâtre de la conscience mise à nue où les personnages se succèdent : le « il » de l’enfant disparu, le « je » de l’adulte d’aujourd’hui (celui qui s’identifie parfois avec l’enfant dans une histoire du passé et celui qui nous crie avec émotion qu’il ne veut pas être aveugle), les « elle » du passé que nous ne connaitrons pas et enfin les « on » et les « nous » quand il nous prend à témoin de ses réflexions sur la vie.
Je vous recommande vivement de découvrir ce texte et ce spectacle qui a totalement convaincu les spectateurs le soir de la première et qui se jouera tous les jours jusqu’au lundi 7 décembre.
Pierre Le Borgne

Dans les mots, un monde…

La création avait été reportée, aiguisant un peu plus la curiosité. Enfin, le théâtre des Ateliers recevait son directeur, Alain Simon, pour le Monologue I, sous-titré Sous le signe du chien. En exergue de la pièce, l’auteur-comédien précise sur la feuille de salle : « Pour cette performance, j’aimerais reprendre à mon compte cette phrase de Dieudonné Niangouna, auteur associé à la Compagnie d’entraînement, je ne viens pas raconter sur scène ce que j’ai écrit. Je viens écrire sur scène ce que je n’ai pas fini sur la page. » En effet, l’écriture du texte est basée sur le mode du discontinu et de l’improvisation. Curieusement, l’ensemble de cette création fragmentaire, à l’instar d’une mosaïque polychrome, trouve une cohérence, une articulation, se nourrit d’échos, de glissements de sens, d’analogies et se clôt sur son entrée en matière, enfermant dans l’orbe du discours la saveur des tableaux de genre, des réflexions philosophiques, des pensées qui cueillent les choses au cœur même de l’instant. On obtient ainsi un paysage kaléidoscopique irisé de remarques drôles ou profondes, dans une esthétique à saut et gambade vivifiante. Aux saynètes se mêlent des remarques sur la création, qui est aussi une manière de ressentir le monde, et d’en rendre compte. « C’est ce qu’on ressent avec notre peau, nos muscles, nos os, nos viscères qui est la preuve du vrai ». L’interrogation première est dernière se pose sur l’art, le sens du sacré. « Qu’est-ce qui pouvait bien motiver ces hommes (préhistoriques) pour, au-delà de leur peur du noir, enfouir leur art pariétal si profond dans la terre ? ». Enfouis dans les méandres de la mémoire, les souvenirs affleurent, se reconstruisent, empruntent aux paperolles proustiennes, évoquent au sens premier du terme tout un univers. L’enfance offre son regard, le filtre du temps apporte sa distanciation, tendre et ironique. Alain Simon n’est pas seul sur scène pour cette lecture. Le monologue se double de la guitare et des mots en écho de Mickaël Zemmit. Le duo aussi est improvisé, jouant des coïncidences et des associations, avec une inventive et intelligente complicité. La musique n’est pas posée sur les mots, mais dialogue avec eux, offre un contrepoint, accorde un supplément de sens, dessine les contours de cette rêverie. Les lumières de Syméon Fieulaine baignent l’ensemble avec une délicate poésie. Bientôt suivra le Monologue II, Jaloux de Dieu… où « le peintre en rétablissant le chaos du monde en fait le réorganise dans une autre vérité ». Celle du spectacle est d’une troublante intensité.
MARYVONNE COLOMBANI
Décembre 2015
Le spectacle Monologue I, Sous le signe du chien, (texte et mise en scène d’Alain Simon) a été donné au théâtre des Ateliers du 30 novembre au 7 décembre.
Les textes Monologue I et Monologue II sont disponibles à l’entrée du théâtre au prix de 2€ chacun.
Photographie © Nicole Esquieu
Days of nothing, spectacle ATP invité
DAYS OF NOTHING
Lieu du spectacle: Théâtre des Ateliers29 Place Miollis, 13100 Aix-en-Provence
- Lundi 20 avril – 19h00 – Lundi 20 avril – 21h00
De : Fabrice Melquiot Mise en scène : Matthieu Roy
Rémi Brossard, auteur : Philippe Canales
Maximilien, collégien : Charlotte van Bervesseles
Alix, collégienne : Charlotte van Bervesseles
PRODUCTION CIE DU VEILLEUR Coproduction Fédération des Associations de Théâtre Populaire (FATP)- Théâtre de Thouars – Scène conventionnée, ONDE – Théâtre et Centre dʼArtde Vélizy-Villacoublay, MA Scène Nationale du Pays de Montbéliard, Scènes du Jura -Scène Nationale de Lons-le-Saunier
En partenariat avec lʼIRCAM à Paris
Partenariat avec le Théâtre des Ateliers![]()
Days of nothing est la dernière pièce de Fabrice Melquiot, publiée en mars 2012.
Elle raconte lʼhistoire de Rémi Brossard, un auteur en résidence dʼécriture dans un collège de banlieue parisienne qui va faire la rencontre de deux « spécimens » de lʼétablissement : Maximilien et Alix.
Cette rencontre va bouleverser lʼauteur dans son projet dʼécriture et renvoyer chacun des
personnages à ses propres limites : difficulté à vivre dans le monde, à y trouver sa place, à faire acte.
Avec la poésie, lʼhumour et la pertinence qui sont les siennes, Fabrice Melquiot nous invite à une plongée vertigineuse dans les problématiques de lʼadolescence et du processus de création.
Les textes de Fabrice Melquiot sont traduits en plusieurs langues. En 2008, il a reçu le Prix Théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son oeuvre.
Cet auteur majeur de la scène française nous offre lʼopportunité rare de réfléchir sur ces thématiques contemporaines essentielles de manière fine, sensible et intelligente.
Cette pièce à été choisie par la Fédération des ATP de France et désignée projet lauréat de première mise en scène d’un texte de théâtre francophone” pour la saison 2014/2015.
A ce titre elle sera programmée dans tous les ATP de France durant cette saison.
Zibeline

Days of Nothing proposé par les ATP d’AIx au théâtre des Ateliers.
Étude sur le rien
• 20 avril 2015⇒21 avril 2015 •

Un écrivain en panne d’inspiration, Rémi Brossard, se retrouve en résidence d’artiste dans un collège. Ah ! Quelle belle pièce sur la nécessité du partage d’expérience, des vertus de la pédagogie par l’exemple… Point si manichéen, ni si didactique s’il vous plaît ! La situation des personnages dans un collège leur permet de se rencontrer, mais il n’y a pas de pièce « pédagogique » ici ! Même si on rit beaucoup lors de la rencontre entre la classe et l’auteur (un vivant et qui écrit des livres !), avec une superbe galerie de portraits, les questions convenues, les attentes, les redites, les remarques sottes ou vides, la superficialité, l’impossibilité de transmettre l’essence même du projet d’écriture… Car le sujet de la pièce reste le langage, ses codes, ses confrontations, qu’elles soient générationnelles ou de classe. Notre écrivain donc, est en résidence, une résidence dont le caractère inconfortable est souligné par une mise en scène (Matthieu Roy) qui fait de la salle de classe montée sur une estrade, un ring. C’est là que Rémi rencontre Maximilien qui joue les durs, manie les mots comme autant de lances, verve trop bien huilée, trop référencée, mine de rien, pour être vraiment honnête. Il s’avère que ce « rebelle » est un pilier du CDI, infatigable lecteur… mais il joue devant l’écrivain le rôle du mauvais garçon, provoquant à l’excès, revendiquant un langage où les mots les plus gros ou les plus triviaux fleurissent, code manié avec virtuosité qui, donné à l’adulte, crée l’illusion, et pousse la grande personne à déraper, oublier les conventions pour emprunter un vocabulaire et un ton qui l’abaissent. Maximilien reprend vertement Rémi, il n’a pas le droit de parler comme ça, de se servir des mots d’une jeunesse qu’il n’a plus, « vous devez montrer l’exemple » ! Pris dans les rets du jeune garçon, l’auteur se voit acculé aux questions les plus profondes, les plus précises, sur son esthétique, son inspiration, sur la relation entre l’écriture et le monde. Les attitudes sont passées au scalpel « tu pionçais comme une merde » se moque Maximilien devant lequel Rémi Brossard se voit obligé de se justifier : « je rêvais. Les rêves sont une source d’écriture essentielle »… Certes, Desnos est passé par là, mais l’auteur devient funambule, et perd ses mots, s’agace, se réfugie dans le verbe de l’insulte facile… faillite adulte à laquelle répond la mort choisie de l’adolescent. Parfum de Cioran, mêlé à la chanson Days of nothing de Chokebore qui donne son nom à la pièce… Puis il y a Alix (Charlotte van Bersseles), qui brode, invente, se crée une histoire d’amour avec Maximilien, pousse l’écrivain à raconter ce qu’elle a vécu, donner par la réalité des mots une épaisseur à ce qui a été… triomphe de l’invention, du mensonge, propre au masque des mots. Alix ment, elle endosse l’histoire de la fille du proviseur, suicidée peu après celui qu’elle aimait, Maximilien. Un Roméo et Juliette ou peut-être rien… qu’est-ce qui donne un sens à la vie ? Les mots sont-ils dotés de cette force ? Ne sont-ils que des voiles plus ou moins opaques sous lesquels nous avançons ? Le texte de Fabrice Melquiot porté avec une belle intelligence par les deux comédiens, Philippe Canales et Charlotte van Bervesseles (convaincante dans les deux rôles d’adolescents) pose la question des limites avec humour, sensibilité, justesse. Est-ce que les mots nous rapprochent ou nous éloignent du réel ?
MARYVONNE COLOMBANI
Avril 2015
Days of Nothing vu au théâtre des Ateliers, Aix-en-Provence, le 20 avril
Spectacle présenté par les ATP d’Aix.
Photo © JeanLouis Fernandez
Monologue 1 ou le signe du chien
Création 2014-2015 du Théâtre des Ateliers :
Monologue 1 ou le signe du Chien
Texte, mise en scène et interprétation Alain Simon
Assistant à la mise en scène Gilles Jolly – Lumière Syméon Fieulaine, dispositif scénique Jacques Brossier
Je cherche à écrire comme mon cerveau pense, par association d’idées. Mes archives personnelles n’y sont pas classées par rubriques comme dans une bibliothèque mais en désordre, reliées entre elles par des fils affectifs ou par le hasard des coïncidences et de la temporalité Alain Simon
Premier texte d’une série de monologues écrits selon une méthode d’écriture discontinue dans le propos et ininterrompue dans la forme, Monologue1 est une chaîne de mots, évoquant images, pensées, embryon de réflexions philosophiques, fragments de vie, délires, visions, tentatives pour l’auteur-acteur de retrouver l’instantanéité de la pensée, une performance de la parole correspondant à une envie irrésistible d’exhaustivité, en tentant frénétiquement de rendre compte de la densité du réel ! Qui trop embrasse mal étreint ! Mais ce texte ne dit-il pas au spectateur son propre fonctionnement ? Et peut être trouvera-t-il son chemin en se perdant dans ces pensées. Depuis plusieurs années, Alain Simon poursuit un travail de création autour de la parole limite. Celle de Sarah Kane, Valère Novarina, John Giorno et même de René Descartes avec Le discours de la méthode en slam, performance invitée au Théâtre 140 à Bruxelles les 5, 6 et 7 novembre derniers.
Tartuffe d’après Tartuffe d’Après Tartuffe d’après Molière
Zibeline janvier 2015

Guillaume Bailliart seul sur scène pour tous les rôles de Tartuffe !
Le triomphe de Tartuffe
• 14 janvier 2015⇒16 janvier 2015 •

Pièce sur l’hypocrisie, le Tartuffe de Molière reste d’une brûlante actualité. La cabale des dévots fera interdire la pièce, dont la conclusion, qui accorde la victoire totale au masque, à la fausseté, à la manipulation, à l’affectation des meilleures vertus à des fins criminelles, trouble par sa vérité sombrement pessimiste. L’œuvre ne pourra retrouver le chemin de la scène qu’après la concession d’un deus ex machina, le roi Louis XIV lui-même, qui vient rétablir l’équilibre, dénoncer le mal et rendre grâce à l’honnêteté enfin récompensée. Par bonheur, il semble que les troupes reviennent à la fin première, sans illusions où Orgon, « traître à lui-même » perd sa fortune accaparée par le faux dévot Tartuffe. Le parti pris de Guillaume Bailliart est celui de la virtuosité. Celle du texte, mis à nu, superbement dit, celle de la solitude, brillante. Seul sur scène, l’acteur endosse tous les rôles, nous fait ‘voir’ et entendre les différents personnages avec une vérité confondante. Les noms des protagonistes inscrits au sol et sur les murs sont désignés, convocation au paraître, et se retrouvent là, devant nous, dans l’incarnation fulgurante que leur concèdent les mots. Tout est joué, yeux fermés, aveuglement même des plus pertinents puisqu’ils laissent faire, et se contentent de jouer les Cassandre… les yeux fermés pour tous, mais un Tartuffe avec un regard de rapace, écarquillé, seule conscience calculatrice éveillée, à l’affut, prédatrice. L’ensemble est époustouflant, porté par le rythme de l’alexandrin, le souffle tempétueux d’une mécanique tout aussi implacable que l’est l’imposteur. Nul besoin de décor, une table suffit, nul besoin de costume, les apprêts et les beautés se trouvent dans les vers, leur puissance, magnifiée par l’irrésistible élan que leur apporte Guillaume Bailliart dans cette démonstration de pur théâtre où jamais l’acteur ne joue de numéro cabotin, mais est littéralement l’incarnation d’un texte. Un grand merci aux ATP et au théâtre des Ateliers pour un choix aussi pertinent qu’exceptionnel !
MARYVONNE COLOMBANI
Janvier 2015
Ce spectacle des ATP a été vu le 14 janvier, au théâtre des Ateliers, Aix en Provence
Photographie copyright : Mathilde Delahaye
Théâtre des Ateliers
Elles s’appelaient Phèdre
Elles s’appelaient Phèdre – Jeudi 13 et vendredi 14 novembre à 20h30
d’après Jean Racine
adaptation et mise en scène Jean-Marie Broucaret – assistant à la mise en scène Patxi Uzcudun
Avec : Sophie Bancon et Catherine Mouriec.
Le Théâtre des Ateliers a le plaisir de présenter cette création du Théâtre des Chimères sous la direction de Jean-Marie Broucaret, que le public aixois connaît en tant que comédien et pédagogue. Il est heureux de l’accueillir aussi en tant que metteur en scène. Une soirée lui sera consacrée le 17 novembre à 20h30 dans le cadre des Improvisées autour de son travail d’implantation dans le Sud Ouest.
Avec Elles s’appelaient Phèdre, il ne s’agit pas de monter Phèdre mais de raconter Phèdre. En faisant alterner des parties contées et les scènes jouées du Phèdre de Racine, en passant de la prose à l’alexandrin, de la relation directe au public au quatrième mur, il s’agit de questionner, à partir de ce que nous sommes, notre relation à cette œuvre et plus largement au théâtre.
Les deux comédiennes jouent, ici, tous les rôles. Ce choix de deux actrices pour interpréter huit personnages, de sexes et d’âges différents, est guidé par la volonté de réaliser un spectacle sur la passion amoureuse, sous les multiples formes qu’elle prend dans la pièce.
Quel rapport entretenons-nous aujourd’hui avec cette violence passionnelle ? Et avec le désir nié, rejeté, bafoué ou partagé ? Dialogue entre le XVIIe et le XXIe siècle, mais également entre un mythe antique grec fondateur et notre modernité. Donner à voir la trace que cette œuvre majeure laisse aujourd’hui en nous.
Production Théâtre des Chimères de Biarritz
Places à 15 €, adhérents, étudiants 11€, Pass’arts 7€ – réservations 04 42 38 10 45 -theatredesateliers@yahoo.fr
Texte envoyé par Anne Randon :
Elles s’appelaient Phèdre au Théâtre des Ateliers
Mise en scène de Jean-Marie Broucaret d’après Racine
Elles sont deux sur la scène, fausses jumelles dans un décor dont la neutralité évoque immédiatement le « palais à volonté » des tragédies classiques. Car c’est de Phèdre qu’elles vont nous parler, celle de Racine, certes, mais aussi la Phèdre qui est en chacun de nous.
Jean-Marie Broucaret a voulu nous donner à entendre en écho à la langue du 17ème siècle, simultanément corsetée et révélée par l’alexandrin, notre langue du XXIème siècle, plus libre en apparence mais enfermée dans la gangue des clichés. Pour cela, Sophie Bancon et Catherine Mouriec font alterner parties contées et scènes jouées de la pièce de Racine, assumant à elles seules les huit personnages, n’hésitant pas à commenter les événements à la lumière de leur expérience de femmes d’aujourd’hui. Ainsi, la passion de Phèdre, son combat, ses espoirs et désespoirs, deviennent nôtres. Sans jamais sacrifier le texte de Racine, le faisant entendre avec la force et la rigueur qui sont les siennes, les deux comédiennes en font jaillir l’éternel féminin, ou plus justement, l’éternel humain. Elles montrent cette dépossession de soi qu’est la passion, cet effort de reconquête qu’est le langage. Raconter, n’est-ce pas à la fois actualiser et mettre à distance, revivre et se regarder vivre, souffrir et sourire ? N’est-ce pas faire partager un vécu en convoquant le mythe et montrer, comme le fit Barthes dans ses Mythologies qu’il est inscrit dans notre quotidien ?
« Elles s’appelaient Phèdre », elles s’appellent Sophie ou Catherine, Elodie ou Farah, voire Romain ou Enzo. Par-delà les siècles, les frontières ou les genres, Racine nous parle encore et toujours de la passion amoureuse. Merci à Jean-Marie Broucaret de nous l’avoir fait entendre dans toute sa vigueur et sa poésie. Anne Randon
Le discours de la méthode à Bruxelles
Le discours de la méthode |
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| Descartes Théâtre des Ateliers (Aix-en-Provence) Alain Simon / Christophe Paturet mardi 4 novembre à 20:30 mercredi 5 novembre 2014 à 20:30 |
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Lettres à un jeune romancier de Mario Vargas Llosa
Samedi 18 octobre à partir de 20h30 : Veille Théâtrale dans le cadre de la Fête du Livre :
Lecture intégrale de Lettres à un jeune romancier de Mario Vargas Llosa
Pourquoi, pour un comédien, lire à haute voix de la littérature est-il un enjeu aussi intimidant ? Sans doute parce qu’il prête une voix, un corps à ce personnage névralgique qu’est le narrateur. Dans ses Lettres à un jeune romancier Mario Vargas Llosa écrit que Le narrateur est le personnage le plus important de tous les romans (sans exception), et dont dépendent, d’une certaine façon, tous les autres. Le narrateur est toujours un personnage inventé, un être de fiction, à l’égal de tous les autres, ceux à qui il “raconte”, mais plus important qu’eux, car de sa façon d’agir en se montrant ou en se cachant, en s’attardant ou en se hâtant, en étant explicite ou allusif, bavard ou sobre, folâtres ou sérieux- dépend la capacité des personnages à nous persuader de leur vérité ou, au contraire, à apparaître comme des marionnettes, des caricatures.
Comédiens, metteurs en scène, pédagogues et respectivement directeur artistique du Théâtre des Chimères de Biarritz et du Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence, Jean-Marie Broucaret et Alain Simon sont complices de longue date pour des lectures souvent données dans le cadre des Écritures Croisées et des Fêtes du Livre, lors de Veilles théâtrales ou de lectures-performances comme l’ont été à Aix-en-Provence et à Bayonne Vers une intégrale de Don Quichotte en 1999 et la lecture intégrale de Cent ans de solitude en 2013. Jean-Marie Broucaret, qui est aussi directeur du Festival de Théâtre Franco ibérique et Latino américain de Bayonne qu’il a fondé en 1980, rejoint avec ces Lettres à un jeune romancier Alain Simon pour leur sixième Veille Théâtrale à lire ensemble.
Production du Théâtre des Ateliers en partenariat avec Les Écritures Croisées















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